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L: fidèles se réunirent d’abord dans des maisons particu

venable aux réunions. Le nommé Maro lui offre sa maison qui peut contenir 500 personnes ; l’apôtre la visite et l’agrée car « le lieu convenait admirablement à la prédication ». Il n’est permis de conserver aucun doute sur la célébration du culte dans les maisons chrétiennes, ce qui explique pourquoi de bonne heure on emploie l'expression :« la maison de l’église ». À Rome, les plus anciens titres presbytéraux, ceux de Prisca sur l’Aventin, de Cécile au Transtévère, de Pudens sont établis sur l'emplacement de demeures particulières ; l'exemple classique est celui de l’église de Saint-Clément.

La disposition générale de la maison romaine s’y prêtait si bien que l'installation se fit comme d’elle-même. Le vestibule et les promenoirs reçoivent les frères, le clergé prend place dans le {ablinum et l’agape liturgique s’accomplit dans le friclinium. Les convertis aisés ou riches s’honoraient de recevoir chez eux l’assemblée chrétienne, qui s’y trouvait à l'aise et en sécurité. Il arriva que plusieurs de ces maisons furent affectées d'une manière permanente au culte. Des appropriations d’édifices existants et des constructions spacieuses et même riches multiplièrent les églises au vu et au su des païens. Chaque dimanche, nous dit saint Justin, au n° siècle, citadins et campagnards se rassemblent dans un lieu unique ; et nous savons qu’il en est ainsi à Rome, à Alexandrie, à Edesse, à Apamée, à Coastantine, à Antioche et ailleurs. En Palestine et en Syrie, les églises préconstantiniennes furent nombreuses ; en Espagne, le canon 52° du concile d’Illiberis mentionne leur existence : en Gaule, Constance Chlore les fait abattre et, à Nicomédie, Dioclétien fit raser l’église chrétienne jusqu'aux fondements. Il serait facile de donner bien d’autres exemples.

Ces installations plus ou moins grandioses ou mesquines ont été les véritables lieux de réunion liturgique des fidèles qui ne se sont rassemblés pour la prière dans les catacombes qu’exceptionnellement. La destination de celles-ci est funéraire ; si des agapes ont eu lieu dans le vestibule de l’hypogée

des Flaviens, si l’Eucharistie a été consacrée dans la Cappella greca, si le cimetière de Saint-Hermès et le cimetière Ostrien possèdent chacun un oratoire, ces faits si peu nombreux doivent suffire à montrer que les catacombes ont toujours été de véritables cimetières et c’est d’ailleurs le nom que leur donnaient les chrétiens.

Les cimetières souterrains ou catacombes de Rome sont les plus étendus de tous et les seuls célèbres. Naples, Cyrène, Alexandrie, Mélos ne comptent guère. Les catacombes romaines consistent en galeries et chambres funéraires creusées à différentes profondeurs dans le sol qui entoure l’enceinte de la ville ; la plupart sont comprises entre Le r* et le 3° mille à partir du mur d’Aurélien. Les dimensions des galeries et des chambres sont celles qui conviennent à des nécropoles où les fidèles ne se rassemblaient parfois que pour célébrer l’anniversaire d’un martyr. Les catacombes forment, à peu d’exceptions près, des excavations isolées les unes des autres et séparées par des vallées profondes, des nappes d’eau souterraines ; là où ces obstacles n'existent pas on n’a pas cherché à mettre deux catacombes en communication.

L’Eglise enseignait l’immortalité de l’âme et blâmait l’incinération des corps ; pour inhumer les chrétiens on se trouva amené à donner aux galeries funéraires un développement prodigieux où le cadavre, destiné à revivre, jouissait d’un äsile honorable dans l'attente de la résurrection. Paré et parfumé, le défunt occupait une case (/oculus), d’où il ne pouvait être expulsé, même dans le cas d'encombrement. Il était interdit de rouvrir une tombe, d'y introduire un deuxième cadavre, de superposer deux corps. La présence d’un prêtre aux funérailles et la récitation de prières liturgiques constituaient une consécration du tombeau. La proximité d’un corps saint apportait au défunt une double garantie : une spirituelle, en lui procurant plus vite la félicité du paradis ; une temporelle, en lui épargnant le danger de la violation de sépulture. Quand

on sait le respect des premiers chrétiens pour leurs morts, on ne s'étonne plus des gigantesques travaux qu’ils ont entrepris pour les ensevelir.

Les catacombes sont creusées dans un tuf granulaire dont la friabilité rendait le travail moins long et moins pénible et dont l’adhérence permettait d'obtenir des sections et des excavations suffisamment résistantes pour attendre que l’action de l’air, qui pénétrait par de larges puits, accrût leur solidité, en sorte que les parois verticales fussent en état de soutenir, non seulement le poids et la poussée des voûtes, mais encore fussent à même de recevoir l’enduit destiné à être revêtu d’une décoration polychrome. Les immenses travaux nécessités par la création des catacombes furent assumés et exécutés par la corporation des fossores, véritables mineurs rattachés à la hiérarchie ecclésiastique.

Les différents étages d’une catacombe sont mis en communication par une suite de degrés ; quant à l'entrée, on cherchait toujours à la dissimuler ou bien à la rendre inaccessible, surtout au rr° siècle lorsque la sécurité et l’immunité des cimetières chrétiens furent menacées par l'Etat. Parfois on mettait l’entrée hors d'usage et on pratiquait dans la carrière voisine une poterne soutenue par un mur de maçonnerie et offrant un accès détourné. Dans le cas prévu où la police cernaïit les issues, on avait imaginé un escalier conduisant de la catacombe dans la carrière ; mais ce moyen de salut à l’usage des initiés était un traquenard pour les autres. Les degrés de l'escalier s’arrétaient au niveau de la voûte de la carrière, et, à l’aide d’une échelle, qu’il retirait après son passage, le fugitif laissait le poursuivant se morfondre ou risquer un saut périlleux qui avait de quoi glacer les plus résolus.

La superposition des étages dans chaque catacombe a permis d'atteindre à un développement colossal, dont il sera toujours impossible de préciser le chiffre vu le nombre des cimetières perdus, détruits ou inabordables. On a parlé de

876 kilomètres, de 1.200 kilomètres. Le cimetière de Sainte- Agnès qui contient quatre étages a été mesuré et a donné les chiffres suivants : superficie totale en mètres carrés, 16.475, développement total, 1.603 m. 51, nombre de tombes, 5.736. La largeur des galeries varie entre o m. 75 et o m. 90, les plus étroites ont de o m. 55 à o m. 70, les plus larges vont jusque 1 m. 20 et r m. 5o.

La principale catacombe, celle qui renfermait la crypte des papes, était administrée par l’archidiacre pontifical ; l’achat des tombes se faisait par l'intermédiaire des fossores et souvent en présence ou sous la garantie du prêtre administrateur. Pendant les deux premiers siècles, les fidèles creusèrent et décorèrent à leur gré les catacombes, car l'Eglise naissante n'imposait pas de règle fixe sur ce point. Elle ne faisait pas un devoir aux fidèles de la sépulture en commun, aussi rencontret-on quelques exemples de tombes particulières réservées à une famille. C'était l'indice d’une manière nouvelle de considérer la religion ; on renonçait au voisinage des parents et des amis pour prendre rang dans la foule des petites gens et des inconnus. Les catacombes offrent quelques tombeaux de famille ; mais comme on comblait des galeries anciennes avec la terre des galeries nouvellement creusées, il devenait impossible à une famille de conserver une tombe particulière plus longtemps que une ou deux générations.

rations chrétiennes pour exprimer leur concept artistique. Ici encore le christianisme fut novateur. Les corridors et les chambres que ses. artisans avaient à décorer ont reçu parfois une ornementation d’une élégance et d’un goût “parfait, c’est le cas pour l’hypogée des Flaviens et pour le

L fresque a été le moyen préféré par les premières géné-

cubicule d’Ampliatus qui s’inspirent des motifs en faveur à Alexandrie, à Pompéi et à Rome. Mais ces décorations sont exceptionnelles ; dès le début du n° siècle, la pensée chrétienne a trouvé la voie qu’elle cherche et l’enseignement qu’elle veut donner dans la peinture d’un minuscule oratoire au sein d’une catacombe, la Cappella greca. L’art classique a exercé une influence profonde sur les types adoptés par l’art chrétien, mais si celui-ci a laissé à ces types leurs gestes et leurs attitudes consacrés, il leur a donné une signification nouvelle dont l’Ecriture sainte inspire l’idée générale et les épisodes particuliers. Les chefs de l’rglise laissaient faire, point favorables, point hostiles, trop sollicités par de plus graves intérêts pour prêter attention et accorder la moindre importance à un art nouveau qui s’élaborait devant leurs yeux.

Art timide et gêné dans son expression et ses moyens. Le christianisme pendant la période qui précède le triomphe de l'Eglise a inspiré des artisans, il n’a pas possédé un seul véritable artiste. L’embarras de ces honnêtes travailleurs se révèle dans tous leurs ouvrages ; s’agit-il de grouper plusieurs figures dans une action commune, ils y renoncent et se contentent de juxtaposer les personnages, ils suppriment la perspective et le paysage et leur art se réduit à n'être plus que symbolisme et iconographie. Le clergé romain, ayant compris enfin le parti à tirer de la peinture pour l'éducation des fidèles, s’en fait un auxiliaire pour instruire et moraliser. À pareille besogne des artisans suffisent, des artistes seraient récalcitrants, on livre aux artisans des mille et des mille romains, ils y peignent quelques sujets presque toujours les mêmes, pratiquant en conscience leur métier, ignorant qu’ils pourraient en faire un art.

Les lieux qu’ils décorent sont des nécropoles,des « dortoirs » suivant l’étymologie, où les chrétiens reposent dans l'attente de la résurrection générale. Le mystère de la vie future plane sur les catacombes et inspire la multitude des images qu'on y

rencontre. L’âme qui a quitté son corps rappelle à ceux qu’elle a connus le besoin qu'elle peut avoir de leurs prières. Parfois une inscription exprime un appel direct à l’intercession des survivants, néanmoins le cas est assez rare, les chrétiens préèrent recourir à un symbole plutôt qu’à une formule. On a dit, non sans exagération, que le symbolisme explique l’infatigable monotonie d'œuvres d’art qui sont surtout et toujours des prières. Sans doute un grand nombre de représentations trouvent dans les prières de la liturgie leur explication. Les parois des catacombes présentent des séries de sujets représentant le secours providentiel dans le même ordre où il y est fait allusion dans les prières de la Recommandation de l’âme et les deux Oraisons pseudo-Cypriennes ; le chrétien implore le Sauveur par le rappel des interventions miraculeuses de l’Ancien Testament et du Nouveau. L’Orante ou la colombe ont une signification si claire qu’on ne peut y voir que l’âme sortie du corps ; l’Orante est la principale création de l’art des catacombes, son œuvre la plus originale. Le Bon Pasteur nous apparaît en rapport avec l’Orante, il est le Sauveur des âmes qu'il reconnaît, qu'il accueille et introduit dans le ciel. Ainsi s’élabore le cycle symbolique, qui s’enrichira de plusieurs allégories d’un sens facile à saisir : Adam et Êve : le péché ; Abraham sacrifiant son fils, Noé dans l'arche, Moïse frappant le rocher, Jonas, Daniel, Lazare, la Samaritaine, la multiplication des pains, le changement de l’eau en vin, la guérison de l’hémorrhoïsse ou du paralytique sont autant de suggestions adressées aux fidèles pour leur faire penser à l’âme, aux combats qu’elle livre, aux secours dont elle a besoin. Les sacrements, signes visibles de la grâce que sollicite le chrétien, s'expriment de façon naturelle et sans raffinements : de imême certaines allusions à la profession des défunts : fossoyeurs, annonaires, tonneliers, etc. Quant aux synthèses majestueuses et compliquées qu’on imagine pour y faire entrer de nombreuses fresques, il ne leur manque que d’avoir été imaginées

dès l’antiquité ; elles supposent de la part de ceux qui les combinent aujourd'hui une ingéniosité raisonneuse et une - science théologique dont les vieux artisans du u° siècle ne se sont jamais avisés.

L'art païen ne se laisse éliminer que petit à petit ; à Rome, les sujets nouveaux ne s'imposent pas du premier coup, on s’en tient d’abord à une épuration qui épargne les génies et les natures mortes, d’allure champêtre ou mystique. La Cappella greca est la première tentative d’une décoration d’ensemble méthodiquement conduite d’après une inspiration chrétienne. À partir du u° siècle, nonobstant la persistance de quelques types païens, océan, saisons, génies, canéphores, etc., on peut dire qu’à Rome, dans les catacombes, l'inspiration chrétienne a gain de cause. Dès lors trois figures originales sont créées et ne périront plus : le Bon Pasteur, l’Orante et la Vierge-Mère, images inoubliables qui inaugurent le courant de symbolisme qu’on retrouve exprimé sous sa forme la plus tendre et la plus grave à la fois dans le style de quelques inscriptions.

Les deux textes épigraphiques les plus précieux de l’antiquité chrétienne sont l’épitaphe de Pectorius d’Autun et l’épitaphe d’Abercius d'Hiéropolis. Plusieurs autres peuvent en être rapprochés, mais ces deux-là sont les plus développés et nous initient dans une certaine mesure au langage secret des fidèles entre eux. « J'ai fait écrire ces choses, dit Abercius, que le confrère qui les comprend prie pour moi. » Il sait que les païens n’entendront rien à ses métaphores et à ses symboles. S'exprimer de cette façon devient une nécessité pour une société religieuse qui se sait soupçonnée et haïe, qui se sent traquée et combattue ; là où nous n’apercevons que poésie il y a eu un drame, ces expressions mystérieuses ont apporté le réconfort à ceux qui les ont comprises. Dans cet ordre d'idées, les chrétiens imaginèrent une formule qui fut une véritable trouvaille ; le mot ichthys (IX@YC), qui signifie « poisson », exprimait par chacune de ses lettres l’initiale des mots qui

énonçaient le fondement de la croyance : Jésus-Christ, Fils (de) Dieu, Sauveur, et jusqu'à la paix de l'Eglise, le mot et l’image du poisson furent compris et interprétés par tous comme une sorte de confession de leur foi.

Est-il possible d'accorder dans ce petit livre à la littérature canonique du Nouveau Testament etaux écrits des Pères apostoliques et anténicéens une place én rapport avec leur importance ? Nous ne le croyons pas. Ces livres ont circulé parmi les chrétiens, ont inspiré leur foi et réglé leur morale, à ce titre ils ont leur place marquée dans le tableau de la vie chrétienne primitive ; mais nous avons considéré celle-ci dans sa réalisation et c’est un ouvrage différent qu'il faudrait écrire pour la montrer dans ses sources d'inspiration. Depuis les Evangiles, qu'on commence à se passer de main en main dès le temps des apôtres, jusqu’à l'Histoire ecclésiastique d'Eusèbe et au traité de Lactance Sur la mort des perséculeurs, c'est par centaines que se comptent les ouvrages de la littérature chrétienne. Littérature au sens le plus relevé du mot, c’est-à-dire histoire,

dogme et morale, car l'imagination et la fantaisie n’y sont pas

représentées. La poésie s’y insinue sous forme d'hymnes où la naïveté de l'expression et la simplicité voulue de la forme n'excluent pas toujours le raffinement de la pensée et les artifices d’un goût peu sévère. Le genre épistolaire, alors très apprécié, sert de Passe-port à un grand nombre d'écrits qui mériteraient à plus juste titre le nom de « traité » que celui de « lettre ». Les révélations et visions sont à peine moins multipliées et assurent aux A Pocalypses et aux Actes des martyrs une clientèle enthousiaste. Laissons à l'écart les gnostiques et tous ceux qui se sont détachés de l’orthodoxie pour nous en tenir aux chrétiens soumis et fervents. Parmi eux, les livres sont nombreux, chaque Eglise possède une bibliothèque assez bien fournie si on en juge par l'inventaire dressé à Constantine lors de la persécution de Dioclétien.. Mais quand on entreprend de cataloguer tous les écrits chrétiens de l’âge primitif, on est

d’abord frappé par leur nombre et leur variété. Au n° siècle, épîtres, apologies, traités prennent de plus en plus d’ampleur. L'ouvrage de saint Irénée Contre les hérétiques offre déjà les divisions et subdivisions par livres et par chapitres. Au 1° siècle, Minucius Félix et Tertullien se rattachent encore à la forme brève du pamphlet quoique Tertullien compose des traités déjà volumineux Contre les païens et Contre Murcion, mais Clément d'Alexandrie, Origène, Hippolyte abordent résolument les œuvres de longue haleine, commentent en détail les livres saints. Saint Cyprien, saint Denis d'Alexandrie gardent une allure plus vive, tandis qu’Arnobe et Lactance, véritables rhéteurs, paraissent heureux de conserver le plus longtemps possible leurs lecteurs attentifs.

Tous ont des lecteurs, car il paraît bien certain qu’ils n'écrivaient pas pour remplir les bibliothèques, et si la liberté du langage dans les écrits chrétiens primitifs peut nous surprendre aujourd'hui, elle est un fait irrécusable. L’agressive vigueur de la morale chrétienne loin d'imposer à ceux qui parlaient en son nom une particulière réserve de langage, les incitait, au contraire, aux évocations les plus directes, comme pour arracher les derniers voiles aux turpitudes qu’ils voulaient faire haïr. L’ombrageuse pudeur de la foi évangélique a longtemps exprimé sans pruderie aucune ses indignations et ses dégoûts. :

Les mœurs des chrétiens étaient la prédication la plus efficace du christianisme. Ils se montraient pieux, chastes, laborieux et, par-dessus tout, d’une parfaite honnêteté. Certaines rigueurs s’atténuaient, l’expérience faisait son œuvre, une société nouvelle et stable se fondait, une civilisation meilleure se préparait. La sanctification du mariage ne dénonçait pas seulement la polygamie, elle la condamnait et l’expulsait. Une

idée nouvelle et très haute de la famille devenait la base de la civilisation européenne et devait bientôt s'affirmer comme une partie essentielle du droit naturel. Le célibat, la virginité et la viduité n’offraient plus une condition inférieure, au contraire, c'était un état préférable au mariage ; la femme réhabilitée, mais toujours subordonnée, trouvait place dans l'Eglise, même elle y trouvait un rang. La modestie lui interdisait la parure et la simplicité la préservait de la coquetterie et de la licence. Les récréations permises n’avaient que faire du luxe et des plaisirs mondains. Les spectacles sanglants de l’'amphithéâtre et les divertissements déshonnêtes du théâtre étaient également réprouvés. Les thermes, les gymnases, les bains, lieux de corruption, ne pouvaient être tolérés, pas plus que les festins. La sobriété des chrétiens égalait leur modestie. Les jeûnes étaient fréquents et prolongés. Cependant rien n'était plus éloigné de l'attitude des frères que la roideur ; en général, on les reconnaissait rien qu’à leur air de gravité souriante, ce qui faisait un contraste sensible avec l'allure dégagée des païens. Pendant les trois premiers siècles de son existence nous nous sommes attachés à montrer le changement général de la vie procuré par le christianisme, ces quelques pages ne nous permettaient rien de plus qu'une esquisse, nous. l'avons tracée. d’après le témoignage des textes, préférant des faits certains à des conjectures douteuses et nous rappelant que ce n’est pas faire avancer l’histoire que de l’encombrer d'hypothèses.

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