L'INSTRUCTION CHRÉTIENNE
d’une complète liberté et il était divisé en trois caté-
gories : primaire, secondaire et supérieure. Dans quelques grandes villes existaient des écoles de rhétorique et des cours de philosophie, de jurisprudence, de médecine. Rien ne se serait opposé à ce qu'on rencontrât des chrétiens parmi les professeurs si l’obligation de parler des dieux n’avait inspiré répugnance et scrupule ; de plus, il est peu probable qu'avant le rv° siècle, l'Etat ou les villes chargés de désigner les maîtres eussent choisi des éducateurs aussi mal vus d’une partie de la population que l’étaient les fidèles. Du moins, pendant les ‘périodes d’accalmie entre deux persécutions, périodes parfois assez prolongées, on s’étonnerait que des fidèles entreprenants et courageux n’eussent pas ouvert diverses écoles. On sait que des maîtres d'école furent martyrisés, mais le motif de leur condamnation ne fut pas l’exercice de leur profession, ‘ ce fut toujours le refus d’apostasier leur foi.
Le rhéteur Arnobe cite parmi les hommes marquants converlis au christianisme à la fin du m° siècle « des orateurs de grand talent, des grammairiens, des rhéteurs, des médecins, des maîtres de philosophie ». Il n’est guère probable que tous ces lettrés aient renoncé au professorat en embrassant la foi chrétienne. L'histoire et l’archéologie nous ont conservé les
D l’Empire romain, l’enseignement public jouissait