‹ La vie d'Edgar A. PoeChapitre 9 sur 19 · III. NOTRE ILE DE RÊVES · texte numérisé non relu

III. NOTRE ILE DE RÊVES

« Près l'écume De mers périlleuses, en des terres de féeries perdues »

Keats

Dites-lui que je me traînai seule sur le rivage

Où nous nous séparâmes, dans le chagrin, pour

ne nous revoir jamais plus ; Le vent de la nuit soufflait froid sur mon cœur

désolé.

Mais plus froides ces dures paroles de jugement,

u il vous faut vous séparer. »

Sur les ténébreuses eaux soulevée, je jetai un cri ;

Sauf la plainte de ces eaux aucune réponse n'est venue.

Je désirais, comme un oiseau, fuir au-dessus des lames

De notre demeure solitaire de l'île et du gémissement de la mer

Loin, bien loin du sauvage bord de l'océan

Où les vagues toujours murmurent « Plus, jamais

plus )) Où je m'éveillais au milieu sauvage de la pleine

nuit, pour entendre Ce chant solitaire de la houle, si douloureux et si

lugubre.

Quand les nuages qui maintenant nous voilent la

belle lumière des cieux Retournent leur molle doublure d'argent sur la

nuit, Quand le temps dissipera les vapeurs de la fausseté, Il saura si je l'ai aimé ; mais jamais à quel point.

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