Voir Edni. Stiipler, Le Château de Talcy
alors toutes fraîches au regard du nouvel hôte imprévu, Agrippa d'Aubigné.
L'empressement de Jean Salviati à recevoir le fugitif, si élégant que fût le geste, pouvait pourtant avoir son arrière-pensée de diplomatie. Chez les Salviati, comme chez les Médicis, on savait lart des « acconmiodements ». On ne dédaignait pas avoir des amis dans tous les partis. Par ces temps de crise, le protégé d'aujourd'imi pouvait être le protecteur de demain. Et puis, d'Aubigné e'tait, par sa propriété des Landes, un voisin. Et enfin ce voisin, déjà soldat réputé, aussi lettré que brave, plus ou moins attaché à la personne du roi de Navarre, piquait la curiosité. Puisqu'il avait eu, presque dès son enfance, sa place au chevet des rois (son père n'était-il pas chancelier du roi de Navarre ?) il devait savoir maints secrets, et il pouvait avoir l'imprudence d'en laisser échapper quelques-uns. Cela tomberait bien, au moment où la froideur de Catherine laissait languir l'ambition du seigneur de Talcy dans l'ombre provinciale de son manoir, à l'embellissement duquel il s'était donc ruiné sans
fruit, 11 s'exprimait alors avec « animosité contre cette reine, quoique sa parente ^ » ; et l'entretien prit vite, entre le jeune partisan et le vieux courtisan, un tour assez confidentiel.
Un jour que d'Aubigné se plaignait de ne pouvoir, faute d'argent, continuer sa marche sur la Rochelle, Jean Salviati, mauvais prêteur et pour cause, le tàta de la sorte (ici, il faut laisser parler d'Aubigné :)
« Vous m'avez dit autrefois que les originaux de V entreprise d'Atnboise ^ avaient été ?nis en dépôt entre les mains de votre père: et de plus, qu'en l'une des pièces vous aviez le seinq du r/tanrelier de l'Hôpital, qui pour le présent est retiré en sa ?naisonprès d' Eta??)pes : c'est un liomme qui ne sert plus de rien, et qui a désavoué votre parti. Si vous voulez que je lui envoie un homme pour l'avertir que vous avez cet acte en main, je me fais fort de vous faire donner dix mille écus, ou par lui, ou par