Gulcfi Mem, Book^ 22 a, 24 b
3. Estiin Letters, XllI, p. 69. — Cf. Cottle, Réminiscences y p. 168, et le programme d'éducation de Lloyd.
482 S. T. COLEHIDGE.
Coleridge la science était seulement un ensemble de recherches curieuses dont la philosophie pouvait tirer des illustrations. Il ne songeait pas à y voir un ordre de connaissances d'une nature spéciale. Il allait en Allemagne curieux de science, de philosophie et de littérature, mais distinguant mal les diverses branches de VArs Magna qu'il voulait étudier. Comme tous les romantiques, il comprenait la science universelle comme une sorte de magie intuitive où' ni Tinductlon ni Texpérimeiitation n'avaient le rôle principal.
Il n'est pas étonnant que l'Allemagne Tait attiré, dans cet état d'esprit. En 1794, il avait lu avec un enthousiasme délirant les Brigands de Schiller. « Je suis resté, écrivait il à Southey, jusqu'à minuit pour lire les Brigands de Schiller.... Mon Dieu» Southey, qui est ce Schiller qui convulsé le cœur? A-t-il écrit sa tragédie au milieu des hurlements des démons? Je n'aimerais pas me sentir capable de décrire de tels caractères. Je tremble comme la feuille. Sur mon âme, je vous écris parce que j'ai peur ^ »
En 1796, la ballade de Lenore, de Bûrger, avait eu un tel succès en Angleterre qu'on en avait publié jusqu'à cinq traductions différentes dans l'année*, et Lamb avait signalé cette ballade à Coleridge. Vers la même époque celui-ci rêvait déjà d'aller étudier en Allemagne (( la chimie et l'anatomie, et de rapporter tous les ouvrages de Semler et de Michaelis, les
\, Lellers, p. 96-97. Cf. Sonnet to the Auihor of Ihe Robbers (1794), P. W. 34.
2. J.-T. Stanley, avecgravures de \\^illiamBlake;W.-R. Spencer, avec gravures de lady Diana Beauclerc; Henry James Pye; anonyme (par William Taylor de Norwich); Walter Scott (Voir Ilerzfeld, VV. TaT/lor, p. 20--21 ; Robberds, Memoir of W. T., t. I, p. 94, et Brandy Lenorc in England^ dans Erich Schmidt, Char ak 1er isliken.
théologiens allemands, et de Kant, le grand métaphysicien * ».
On peut dire que la littérature allemande était populaire en Angleterre au moment où Goleridge songea à l'étudier de plus près. Des œuvres de Gessner, Wieland, Schiller, Lessing étaient traduites ainsi que Klopstock et le Werther de Gœthe. Depuis 1790, William Taylor, de Norwich, qui avait étudié à Gœttingen et à Weimar, traduisait tous les chefsd'œuvre de la littérature allemande, il était l'ami et le correspondant de Southey, de sorte que Goleridge ne pouvait l'ignorer^. Les classiques étaient connus de Goleridge aussi bien que les œuvres du Sturm und Dranrj et quand il voulut s'exercer à faire une traduction, ce fut YOberon de Wieland qu'il choisit ^
Quant à la philosophie, Goleridge aurait pu connaître outre Boehme et les Fragments de Lessing *, la logique de Wolf et le livre de Willich sur Kant, qu'il eut dans sa bibliothèque, mais il est probable qu'il ne connaissait Kant que de nom en arrivant en Allemagne. Quant à une influence exercée sur lui, elle est toute superficielle, avant le voyage d'Allemagne. Sa poésie fantastique ne doit rien, semble-t-il, à l'Allemagne, sauf dans sa pièce A'Osorio. Sa curiosité était éveillée surtout au point de vue des idées. Il n'allait pas chercher des modèles littéraires, mais