‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 12 sur 194 · Poelical Works, p. 10-H · texte numérisé non relu

Poelical Works, p. 10-H

2. Absence^ a Farewelt Ode on quittiîig School for Jésus Col lege^ Cambridge^ P. W., 15.

écrit sans doute dans sa famille pendant les vacances de 1791, complète bien dans sa naïveté son portrait physique et nioral à cette époque.

Qu'est-ce que la Gloire, la Puissance, la Fortune — que des mots qui expriment de diverses manières — ce qui t'appartient déjà ~ le Bonheur ! — A toi le commerce sublime — de tous les hommes célèbres d'autrefois, — à toi les heureux rêves qu'on fait éveillé — Alors que l'Espérance poursuit quelque thème favori. — Toutes les fois que, la Nuit couvrant le ciel de son manteau, — vous marchez autour de la demeure paternelle — Où, loin des splendeurs et des agitations, — De silence enveloppée, dort l'heureuse tranquillité — A toi souvent la causerie fcCntasque et la promenade tout le long de la paisible soirée — et ce qui est le plus doux à ton cœur — le soleil couchant, l'étoile du soir -■ les teintes qui font vivre toute l'étendue du ciel — et la lune qu'aperçoit ton œil ravi — Alors souvent point une larme de reconnaissance.

— Chers plaisirs silencieux du cœur ! — Ah, tu es un être béni, car le ciel te donnera — Pour partager tes simples joies, un ami — Doublement béni, si l'amour peut prêter — Quelque lustre à cet œil maintenant terne

— Et donner la grâce de l'âme, trop souvent cachée — A cette large figure rêveuse * — Ou si même l'amour, l'amour tout puissant, — Trouve cette métamorphose au-dessus de ses forces — Peut-être trouveras- tu quelque femme charmante — Pour lire ton âme sur ton visage.

Cette naïveté est caractéristique de celui qui décrivait plus tard sa figure comme exprimant une bonté allant presque jusqu'à l'idiotie (almost idiotie goodnature). C'est ce qu'on pourrait appeler (( l'état d'âme angélique ». Qu'on ait osé l'exprimer, c'est déjà une révolution faite dans les esprits, le romantisme qui

i. HappinesSy P. W., 17-18, v. 69 et suiv. Pour les derniers vers, nous suivons le texte donné par Campbell dans la note, p. 564*

34 s. T. COLERIDGE.

était déjà dans 4a sensibilité au moment de la Révolution, car un tel poème aurait paru simplement absurde au jugement de la génération d'avant Rous- •seau, aussi bien en Angleterre qu'en France. Maintenant on allait tout oser, sans crainte du ridicule, et (impressions de nature ou sentiments intimes) donner une matière entièrement nouvelle à la poésie. C'était la révolution que voulait /aire, en même temps que l'autre, la révolution sociale, le grand garçon qui allait débarquer à TUiiiversité, la tête pleine de grec et de latin, de perspectives théologiques et métaphysiques indéfinies, emportant comme viatique l'idée que le salut du monde était dans une révolution faite par des philosophes, et le petit volume de vingt et un sonnets sentimentaux du Rév. W. L. Bowles^

1. Ce chapitre était écrit quand nous avons pu lire les pages de M. Oestre sur le même sujet, dans la Révolution fi^ançaise et les Poètes anglais, Paris, 4906. Nous nous rencontrons naturellement sur bien des points, ayant utilisé les mêmes documents. Nous sommes tout à fait d'accord avec lui pour ne pas faire de Goleridge un révolté, un révolutionnaire dès le collège, mais nous ne croyons pas comme lui que VOde à la Bastille et la Monodie à Ckattei^ton soient de simples exercices d'école, quoique le second poème figure au livre d'iionneur de Boyer.

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