Biographia Literaria^ chap. i (I
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pendant un voyage fait vers 1790 pour aller voir sa famille. Ces petits poèmes, Inside ihe Coach, Devonshire Roads, Music, sont pleins de vivacité, d'impatience jeune et gaie, et c'est un soulagement que de l'entendre nommer Bogshot Heath, Plimtree, Tiverton, ces coins de son pays, de sa province. Il semble que le jeune philosophe s'aperçoit qu'il vit sur la terre, qu'il voit, pour la première fois ^
II se sentait si renouvelé que, quittant enfin le collège où il dut tant souffrir, malgré tout ce que les rêves purent adoucir, il ne sentait plus que de la tristesse et même de la reconnaissance.
. Adieu, séjour qui m'a tenu lieu de maison patrrncllc. Un triste adieu. — A vous mon cœur reconnaissant s'attache encore tendrement — quoique l'Espérance se plaise à redire ses joies futures — voletant autour de moi sifr les ailes brillantes de la Fantaisie. — Adieu, adieu, cloîtres sombres que j'ai bien aimés. — Ah ! si ces jours heureux pouvaient revenir — où sous vos arches, pur de toute tache morale, — j'entendis parler du péché, et fus stupéfait de ce que j'entendis ! — Glier séjour où souvent j'ai chanté mes simples vers — Kcoutant en même temps l'écho de mes pas — Je vous quitte à regret, avec un tourment aussi grand — Qu'au jour où mon enfance en pleurs, arrachée — par un deuil prématuré à son sol natal — Mêla ses pleurs à ceux de ma mère veuve *.
Ainsi, ce qu'il pouvait y avoir eu de révolte enfantine dans VOde sur' la Bastille ou la Monodie à Chatterton était resté tout intellectuel. Le prisonnier libéré ne se plaignait pas de son sort, bénissait même la prison au moment de rentrer ou plutôt d'entrer dans le monde dont il ne connaissait rien. Un autre poème,