Campbell, Introd., p. lxxxi
2. Id., Introd., p. lxxx (179-80), Lelters, p. 577 sq., 586-8, 598, 612; Knight, Life of W., t. il, p. 163 sq.; Fragment 76 dans P. W., 462.
PHILOSOBHIE POLITIQUE. 284
On trouverait cette plainte exagérée, si on ne se rappelait ce que l'âme de Coleridge dut toujours à la suggestion de ceux qui Tentouraient. Si on n'avait plus d'espoir pour lui^ il n'avait plus d'espoir. 11 avait pour ainsi dire placé en Wordsworth sa raison de vivre et sa consolation. Du moins il le croyait, mais c'était plutôt dans l'amitié de Wordsworth pour lui qu'il avait placé toute son espérance. 11 y avait eu un premier réveil douloureux au retour de Malte, quand il avait vu Wordsworth heureux, parfaitement et implacablement heureux, sans lui, et sans que son bonheur le rendît, lui Coleridge, à l'espoir. A ce moment encore il avait pu se faire illusion. Mais maintenant Wordsworth l'abandonnait, croyait-il. Le perdant, il perdait aussi l'amitié de sa femme, de sa sœur, de Sarah Huichinson, toutes ces amies dévouées qui l'entouraient à Grasmere, s'inquiétant de sa santé comme un malade aime qu'on s'en inquiète, copiant ses manuscrits ou plutôt écrivant sous sa dictée, car il ne pouvait plus écrire. N'oublions pas qu'il avait un cœur pour qui Tamour signifiait avant tout : être aimé. Il resta, toujours ainsi, mais cette brouille avec Wordsworth, qui le fit cruellement soufl'rir, lui apporta une sorte de libération. Il cessa de s'humilier, même quand ils se furent réconciliés, et c'est à cette indépendance nouvelle que nous devons les admirables chapitres de la Biographia Literaria sur la poésie de Wordsworth.
Celui-ci n'en fut pas satisfait; on aime à avoir un adorateur, fût il unique, mais pour Coleridge était-ce avoir payé trop cher son expérience, s'il avait appris qu'il n'y a sur terre que des hommes?
CllAPITHE X
Projets de vie et pensées de mort. — Goleridge conférenciôr. — Ses Lectures (1808-1818), leur valeur et leur influence. — Idées nouvelles sur Shakespeare. — Conférences sur Testhétique. — Portrait de Coleridge par Âllslon. — Ses conversations : nouvelle évolution dans le sens théologique. — Sermons laïques de 1816-1817 : théocratie biblique et protectionnisme moral. — Coleridge précurseur du christianisme social.
L*abandon du Friend avait bien des causes que nous avons vues; mais ce fut aussi un mystère de l'opium. A Malte, Coleridge en était arrivé à ne pouvoir s'en passer. Après son retour, à la fin de Tannée 1808, il en avait fait la confession à un de ses amis de jeunesse, le D' Beddoes, et avait cru remarquer une amélioration depuis qu'il s'était remis à ses soins. 11 avait pris sans doute de bonnes résolutions quand il écrivait à ses amis :
« Commencez à dater ma vie, comme un de vos amis, du l*"" janvier 1809, jugez-moi à partir du V^ janvier 1809*. » Mais, en décembre 1808, le D' Beddoes était mort, et cette mort découragea Coleridge. L'exemple de Quincey, bien mal guéri de la même