Comparer Arvède Barine, Névrosés, p. 120 et suiv
288 S. T. COLl^RIDGE.
ridge fût « sous l'influence d'un charme, qu'un encha nleur le forçait à être ce qu'il est, tout en lui laissant le pouvoir de montrer ce qu'il pourrait être ». Nous croyons connaître aujourd'hui l'enchanteur. Dans l'intervalle de ses enchantements. Goleridge était merveilleux et « la pluplart du temps intelligible, quoique profond ». « Comme témoignage d'un splendide talent, d'une pensée originale, et de rares facultés d'expression, et d'imagination (ces conférences) sont tout ce que ses admirateurs peuvent désirer. Mais comme accomplissement de sa tâche et de son engagement vis-à-vis du public, elles causent beaucoup d'embarras à ses amis. » Le fond n'était pour ainsi dire pas traité, et la préparation souvent nulle *. On venait entendre causer Goleridge. Un moment ce fut une mode, et les conférences de 1812 se terminèrent avec éclat.
Ce fut en somme un grand succès ^. Goleridge ne révéla pas sans doute Shakespeare à ses compatriotes. On pourrait même prouver que ses idées sur Shakespeare ne sont pas aussi originales qu'on l'a cru et qu'il le croyait lui-même.
Avant lui, on avait essayé de montrer la « structure organique » des caractères et des pièces de Shakespeare. A la fin du xviii® siècle, en Angleterre même, un inconnu, Morgann, avait appliqué presque la même méthode psychologique que Goleridge au caractère de Falstafî et il avait expressément dit que les caractères de Shakespeare ne sont pas composés de l'extérieur, mais se développent comme des créations naturelles de son esprit, « des modifications