Cottle' s Réminiscences
Pour le moment il se réfugia, effarouché, chez un autre ami moii^s sévère, Josiah Wade, de Bristol, auquel il avait fait la même confession qu'à Gottle, en termes encore plus humbles, et qui avait recueilli le blessé en bon Samaritain. C'est chez lui qu'il écrivit les articles sur les Beaux-Arts dont nous avons parlé. C'est chez lui aussi que Washington Allston fît de lui un curieux portrait, qui entre bien dans son caractère à cette époque *.
Le poète est assis, des papiers à la main, dans une église dont on aperçoit la fenêtre ogivale. C'est Coleridge prédicateur ou conférencier, il y a la marque de la souffrance sur cette figure blênie, à la bouche serrée. Les cheveux de cet homme de<[uarante deux ans sont presque blancs. On peut y voir, si l'on veut, Coleridge dans l'ombre de l'église, où il allait passer le reste de sa vie et trouver une espèce de paix. C'est un portrait intime, où un peintre peu habile, mais qui connaissait Coleridge et qui l'aimait, a réussi à exprimer quelque chose de sa personnalité.
Les conférences des années 1811-1814 furent pour Coleridge une tâche pénible et qu'il s'imposait alors que sa pensée était souvent ailleurs. Pour la bien suivre il faut connaître ses conversations de la même époque, telles que les a rapportées Robinson *.
Sans doute on y voit un esprit qui tend à se fermer, à se répéter, mais les tendances se précisent. Elles convergent presque toutes vers le mysticisme et toute la pensée prend une couleur religieuse.
Toute vérité est inspirée, est tenté de dire Coleridge, et parmi les inspirés il cite les Quakers, madame Guyon et sainte Thérèse. Spinoza, dit-il encore, a eu tort
1. National Portrait Gallery (Londres); reproduit en frontispice à la Bibliographie de Haney.