Ibid., décembre 1816, p. 444 sq
APOLOGIE ET RETBAlTE. iJ29
note ordinaire. Cfmstabel^ que tout le monde avait admiré avant la publication, fut spécialement maltraité. On déclara le poème « bon pour les pensionnaires de Bedlam » et on assura qu'il n'y avait « pas d'exemple dans Thistoire de la littérature d'une aussi grave insulte au public que la publication de cette rhapsodie délirante * ».
On comprend ce que dut sentir le pauvre poète qui avait hésité si longtemps à faire connaître ses dernières œuvres. On tuait sa réputation et sa gloire avant qu'il eût seulement commencé sérieusement à l'établir et on semblait lui interdire toute tentative nouvelle, aussi bien en poésie qu'en philosophie. Ce qu'il y avait de remarquable et d'accablant c'était l'unanimité des critiques. A peine une défense de Coleridge parut-elle, anonyme comme l'attaque^, et il est à remarquer que Southey, qui était très influent à l'importante Quarterly Heview, ne dit pas et ne fit pas dire un mot en faveur de l'ami qui prenait sa défense dans la Biographia Literaria ^ On n'épargnait pas la vie privée du poète, et une revue nouvellement fondée, le BlackwoocTs Magazine, qui devait poursuivre Hazlitt de ses calomnies et de ses injures pendant des années, renouvela l'accusation portée autrefois contre Coleridge par Y Anti- Jacobin, celle d'avoir abandonné sa femme et ses enfants. Ainsi les loups parlaient de morale. On savait bien cependant que Coleridge n'avait aucune fortune, et que ce n'était pas en le persécutant qu'on l'aiderait à soutenir sa famille. La conclusion de l'article de VEdinburgh Jlevieiv sur Christabel, c'est que les patrons de Coleridge auraient mieux fait de le pensionner que de
1. Monthly Magazine dans Haaey, Early Reviews, n., p. 103. •2. Lilerary Gazette, 18 r7.