Ghap. IV, p. 66 (2* éd
Qui a mieux parlé que Coleridge des vrais mérites de Wordsworth, de la valeur et de la fraîcheur de ses idées qui ne viennent pas des livres, de Taustérité de sa pensée et du charme de son imagination? Mais Wordsworth, qui n'admettait pas la critique, fut mécontent *. II ne tenait pas à être expliqué, ni même défendu ainsi, et sans doute Coleridge lui plaisait mieux en simple admirateur, qui ne voyait pas de défauts. Mais pour nous cette critique de Wordsworth par Coleridge est un chef-d'œuvre d'intelligence, et le premier chapitre de la critique moderne^.
Mais pourquoi faut-il encore que Coleridge soit tombé dans le même défaut qu'il reprochait à ses critiques, en « exécutant » le Bertramdu Rév. Maturin, C'était" perdre son temps que de démontrer à grand renfort de psychologie que l'école « allemande » du drame fantastique n'avait pas de valeur et n'était pas même "d'origine allemande authentique, que le Bertram du Rév. Maturin n'était qu'un drame à la mode du jour, qui ne passerait pas à la postérité. C'était ridicule, car on devait savoir que cette pièce avait été reçue à Drury Lane à la place de celle de Coleridge et c'était un peu odieux, parce que' Coleridge s'efforçait dé faire un drame « jacobin » du drame romantique et cherchait de la morale là où elle n'avait que faire, dans un genre irréel et fantastique comme celui-là. Ce fut cela surtout qui exaspéra Lord Byron, dont Maturin était le protégé, et quand nous lisons ses traits contre Coleridge dans son Don Juan^ nous ne pouvons nous empêcher de
1. Knight. Life of Wordsworth, t. H, p. 288, d'après H. C. Robinson.
2. Voir un jugement plus autorisé dans Lcgouis, p. 437, note, et G. H. Herford, The Age of Wordsworth, p. 87-88.