Church and State, p
358 s. T. COLERIDGE.
les yeux sur le monde et mieux en comprendre la complexité infinie. Comme Tesprit conservateur en politique, Tanticatholicisme et la gallophobie formaient comme des éléments de sa sérénité, il lui aurait fallu douter de trop de choses si celles-là ne s'étaient pas trouvées vraies. Et plus que jamais il croyait avoir trouvé la vérité. Maintenant il parle souvent de sa philosophie, de son système, comme de quelque chose de complet, au moins (Jans son esprit. Maison voit de plus en plus que ce n'est pas tant un système d'idées qu'une manière de vivre qu'il recommande, moins une philosophie qu'une religion. Il y a encore un Goleridge inédit, celui qui dicta cette dernière philosophie pen(}ant les années qui lui restaient à vivre, dans des souffrances presque continuelles. Mais nous croyons savoir que dans cette philosophie la raison n'est que la servante de la théologie, et cela veut dire qu'elle n'est pas proprement une philosophie.
Un fragment publié, une Théorie de la Vie ^ où l'on croit que son ami Gillmann a aussi mis la main, nous donne peut-être le secret de toutes les tentatives intellectuelles de Goleridge. Dans cet essai scientifique, on voit bien qu'il n'avait pas la notion de la science. G'est le dernier effort de la philosophie romantique. Il s'agit de créer la science de la vie, et de chercher à cette déduction, de temps en temps, quand on voudra, des illustrations tirées de l'expérience. C'e&t une œuvre d'imagination. On a dit que la philosophie avait tué Goleridge comme poète, mais on pourrait dire bien plus justement que c'est la poésie qui l'a empêché d'être philosophe. Il faut y joindre, historiquement, Tinfluencc de l'école allemande, delà philosophie de la nature, représentée pour lui par Schel-