Memoirs of D' Priestley, p. U8 (éd
pierre. Son esprit résultait d'une combinaison du matérialisme scientifique, avec le sentiment de la nécessité d'une morale cfirétienne. Ce savant était aussi un théologien infatigable et convaincu, qui donnait presque autant de temps à la lecture de l'Ecriture sainte, en grec et en hébreu, à Tétudc des controversistes et des théologiens et à la composition de sermons, qu'aux recherches sur le (( phlogistique » et en particulier sur la respiration des plantes et des animaux qui ont fait sa gloire. Dès Tâge de vingt-deux ans il s'était fait un programme d'études encyclopédiques, rigoureusemenl suivi.
C'était une âme rigide, élevée dans le puritanisme le plus étroit et qui en avait conservé l'esprit tout en abandonnant les doctrines. Il avait pris son idée du déterminisme absolu chez Collins^ puis dans VEssai sur Vhomme de Hartley, chez qui le mécanisme matérialiste s'accordjait aussi avec le christianisme. C'était le théologien en même temps que le martyr de la causée
Mais cette cause était-elle une cause révolutionnaire? Frend, Priestley, Thomas Paine lui- môme, étaient ils des révolutionnaires? Il est certain qu'il y eut tentative d'entente entre ces réformistes anglais et les révolutionnaires français, mais qu'on ne se comprit pas, parce qu'on ne pouvait pas se comprendre. Ceux-là même des Anglais qui n'avaient pas de haine pour la France ne la connaissaient pas, ils n'avaient aucune idée précise de l'ancien régime et des causes véritables de la Révolution française. Leur tempérament était si différent, que pas un seul d'entre eux n'approuva les violences de la Révolution.
Thomas Paine, qui plus que tout autre étranger se