‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 19 sur 194 · Letters, p · texte numérisé non relu

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une brochure intitulée Paix et Union où, tout en réprouvant les violences et en repoussant Tidée d'établir la République en Angleterre, il demandait des réformes, se déclarait opposé à la guerre contre la France et justifiait Texécution de Louis XVI *.

Qu*est-ce qui put séduire Coleridge, pour qu'il se joignît au petit groupe des révolutionnaires ou plutôt des radicaux philosophes? C'est d'abord qu'ils étaient des esprits absolus et chimériques comme le sien et qu'ils avaient souffert pour leur cause plutôt que de céder : Freud exclu de l'Université, Pries tley assailli dans sa maison do Birmingham le 14 juillet 1791 par une foule furieuse qui brûla sa maison et deux locaux de réunion où il allait prêcher à ses coreligionnaires, saccagea sa bibliothèque, ses appareils et tout ce qui lui appartenait'^. Mais c'est surtout parce qu'ils étaient des philosophes et des théologiens en même temps que des réformateurs, que, seuls parmi les politiques du temps, ils s'appuyaient sur un système d'idées. Par là ils faisaient appel aux velléités philosophiques de Coleridge, à la volonté qu'il avait d'être un penseur. En suivant Burke et sa politique aveuglément, admirablement nationale, on n'était pas un penseur, on était seulement un Anglais avec les sentiments de tout Anglais. C'était le sentiment démocratique qui était impopulaire, philosophique et religieux à la fois comme il était chez ces dissidents détestés.

Le grand-prêtre de cette Eglise révolutionnaire, Priestley, qui allait être obligé de s'enfuir en Amé rique, poursuivi par la haine générale, est une des plus curieuses figures de ce temps-là. Le grand chimiste n'était pas athée, ni même déiste à la façon de Uobes-

i. Voir Ceslre, p. 111 et noie 2.

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