Sorei, t. III, p
3. Sur la réaction en Ecosse, voir Angcllier, Robert Burns^ t. I, p. 485 et suiv.
54 s. T> COLERIDGE.
24 octobre 1793, à Hackney, par là Société de corres- 'pondance, qui comptait alors 46 sections dont Tune avait 600 membres*. C'est alors aussi que John Thelvvall, plus tard ami intime de Goleridge, commença sa campagne de conférences sur le célèbre livre de Godwin, Poliiical Justice, qui venait de paraître.
La fameuse Convention des Sociétés dont on parlait depuis près d'un an et que le gouvernement n'avait pas le moyen légal d'empêcher, finit par. se réunir le 17 novembre 1793 à Edimbourg. 45 Sociétés écossaises y avaient envoyé des représentants : Gerrald, Margarot, Skirving représentaient TAngleterre. Le nom adopté par la nouvelle Assemblée était assez clair : a Convention des délégués du peuple de la Grande Bretagne, destinée à obtenir le suffrage universel et le Parlement annuel ». Il n'y avait rien d'inconstitutionnel dans ce meeting. Des prières , invoquaient au début de chaque séance l'assistance du Seigneur. Aucun appel à la violence, aucune manifestation de Tintention d'obtenir les réformes autrement que par la voie légale ne purent être relevés dans l'accusation qui suivit. Le 4 décembre, l'Assemblée fut dispersée et les délégués de la Société de correspondance arrêtés. Parmi eux Margarot, Gerrald et Skirving furent condamnés, en janvier 1794, à 14 ans de déportation.
Naturellement ce coup d'État souleva quelques protestations, mais sans aucun résultat au Parlement. Dans l'opinion publique, on s'inquiétait de voir le gouvernement violer les lois sacrées à tout Anglais, et sans résultat, car l'agitation légale continuait toujours.
1. Cf. « An Address to the Inhabitants of Great Britain and Ireland in reply to a printed repoH of the London Corresponding Society *>, London, Febrwary, 1794. Celle publication rend compte d'un autre meeting du 6 février 1794.
Thomas Walker, grand négociant de Manchester, accusé de conspiration, avec six autres personnes, et défendu par Erskine devant le jury de Lancaster, fut acquitté en avril 1794. Une Société nouvelle, qui comprenait le Rév. Joyce, ami et élève du D"" Pricej qui avait été l'un des premiers à saluer la Révolution française, le peintre Romney, le graveur William Sharp, récrivain Thomas Holcrof t, se réunit le 2 mai à la taverne Crown and Anchoi\ Là John Home Tooke fît un discours séditieux, appelant le Parlement une sentine de corruption, et dénonçant Talliance entre les deux infâmes partis pour détruire les droits et' les libertés du peuple *.
I^ punition ne se fit pas attendre. Le 12 mai, un message du roi fut apporté à la Chambre des Communes par Dundas, Tami et le confident de Pitt. Il annonçait^ la saisie des papiers de diverses sociétés et les soumettait à Texamen de la Chambre (( pour qu'elle prît telles mesures qui paraîtraient nécessaires pour se garder effectivement des progrès de ces projets dangereux et pour conserver aux sujets de Sa Majesté la jouissance des bienfaits que leur assure la Constitution heureusement établie dans notre royaume ».
Le 16 mai, Pitt présenta le rapport du Comité secret qui avait été élu. Dans le style de Burke, il s'efforça d'effrayer la Chambre et le pays par son intermédiaire, en représentant toute cette agitation purement constitutionnelle comme produite « par le grand principe moteur de tout jacobinisme, l'amour du pillage, de la dévastation et du vol, qui porte maintenant le nom usurpé de liberté ». « Ce système de boucherie et de carnage dont on a fait un instrument pour faire triompher ces principes est, disait-il, for-