Edward Smith, ^nglish Jacobins j p
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midable en proportion de la médiocrité même de ces iiommes méprisables. » Il concluait en demandant la suspension temporaire du bill d'Habeas Corpus, et obtint une majorité de 240 voix contre 39. Rien ne montre mieux que ce vote où en était venue une Assemblée qu'il n'eut pas de peine à persuader, car c'est surtout à la corruption parlementaire, c'est-àdire à TAssemblée elle-même, qu'en voulaient ces Sociétés maudites.
La cause de Pitt était si insoutenable, que devant le jury les accusés, qqi se défendirent avec dignité, furent tous acquittés. Ils nièrent tous avec énergie avoir rien voulu tenter d'inconstitutionnel. ^
Holcroft, qui était resté en liberté, se présenta de luimême devant ses juges. Les témoins à charge étaient pour la plupart de méprisables espions. De nombreux témoins affirmèrent la bonne réputation de Thomas Hardy, enthousiaste inoffensif qu'Erskine défendit avec éloquence, osant même dire que Burke et ses imitateurs avaient ete provocateurs. Horne Tooke se défendit mieux encore : (( Pitt fut cité comme témoin et ne put nier qu'il avait pris part lui-même en 1780-82 à des réunions publiques d'un caractère tout semblable. Mieux encore, il fut convaincu d'avoir fait partie d'un club politique avec l'accusé, en 1780. Le Lord Ghief Justice déclara qu'on ne pouvait se faire une idée exacte de la nature de la Société incriminée mais qu'il espérait que M. Horne Tooke réussirait à se justifier de toute accusation. Il fut acquitté presque sans délibération du jury et tous les autres accusés après lui; John Thehvall passa le dernier, et fut également acquitté ». On déposa que (( la paix et la tranquillité étaient à la base de toutes ses actions * ».
1. Sur tout ce procès, voir Charles Oestre, John Thelwall^ 1>. 88 et SLiiv.
Cependant tous ces hommes renoncèrent bientôt à la politique active : il était évident que si la masse du peuple anglais ne voulait pas qu'on touchât à ses vieux privilèges de liberté de réunion et de discussion, elle n'était pas mûre pour toute réforme qui pourrait être suspecte de complicité avec Tétranger.
Ce court exposé de la situation politique en Angleterre pendant les années 1792-1794 suffit à nous montrer que TAngleterre était en pleine réaction contre le mouvement réformiste, quand Coleridge commença de s'y mêler, vers la fin de sou séjour à l'Université *, exprimant librement son opinion dans ses conversations, manifestant peut-être au procès de Prend, en mai 1793, plus par gaminerie que par conviction, mais se faisant remarquer en tous cas en un temps où il était dangereux de le faire. Mais, dès ce moment, il y avait en lui plus de l'ivresse passagère de la jeunesse et d'entraînement par contagion que de conviction. Il avait reçu ces idées républicaines de Textérieur, il devait les abandonner en voyant tout le monde les abandonner autour de lui.
Fut-il jamais un ardent révolutionnaire? Il n'y avait de révolutionnaires en Angleterre que ceux qui étaient directement sous Tinfluence de la Révolution française, com;iie Wordsworth, vraiment républicain, parca qu'il revenait de France indigné des abus de l'ancien régime, qu'un Français lui avait fait voir, enflammé d'un enthousiasme que les Français lui avaient fait comprendre. Mais, pour qui la voyait d'Angleterre, que pouvait être la Révolution française qu'une horrible et sanglante tragédie? Et surtout c'était une Révolution française, qui remuait un
1. Voir GiHmann, p. 54-55; Gunning's Réminiscences, dans Cestre, les Poètes anglais, p. 112.
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peuple détesté en Angleterre par les esprits même les plus pondérés.
A l'époque où on avait discuté à la Chambré des Communes, Fox appelait la France « Tennemie naturelle de la Grande-Bretagne * ». Le parti whig, qu'on aurait'pu croire plus libéral, se distinguait par son ariimosité. Et ce n'était pas là le résultat de la guerre d'Amérique, du dépit , d'avoir vu la France porter secours à la colonie révoltée. Dès le milieu du siècle, Hume, dans ses écrits économiques, osait à peine insinuer que cette haine ^u'il avouait « sans bornes » n'était peut-être pas justifiée^. La France étaitméprisée en bloc, comme une nation impie et frivole. Les rares relations de voyageurs anglais en France sont presque toutes défavorables à la France. SmoUetl nous couvrait de ridicule, se plaignant de tout en France. Arthur Young, plus impartial dans la relation de ses voyages, était maintenant gagné par l'esprit réactionnaire au point de déclamer comme les autres contre les sociétés de réforme constitutionnelle qui, (( sous quelqu'un de ces titres dangereux ou odieux que nous connaissons, s'assemblent sous de faux prétextes insidieux pour adopter les formes et le Jaiigon du Jacobinisme de France, et qui font appel à la guillotine comme au meilleur moyen de réformer les abus en Angleterre » ^ Ce perfide essai de confusion