Voir Gestre, Les Poètes anglais^ p. 134 et suiv
Borderers de Wordsworth qui, lui, a tenté cette assimilation de la théorie de Godwin à la pratique de la Révolution, dans une crise morale où il ne savait s'il devait croire sa raison qui était avec Godwin ou son cœur qui prenait en haine les excès de la Terreur '.
Pour nous, ce premier acte de la Chute de Robespierre ne représente dans l'histoire de la pensée de Golerîdge que le jugement du jeune Anglais sensible, toujours chrétien, sinon orthodoxe, déconcerté et effrayé à la fois par la Révolution française, à laquelle il ne comprend rien çt dont il admire seulement, en poète, la splendeur d'incendie. Son idéal était ailleurs, dans la réforme individuelle par un christianisme pratique. Tout au plus pourrait-on dire que la Chute de tiobespiei^re exprime une espérance, pour la France, cette espérance que Wordsworth et Southey exprimèrent aussi, que Coleridge lui-même rappela plus tard dans son Ode sur la France^ l'espoir que la Révolution française pourrait se faire pacifique après la chute du grand jacobin. Les poètes anglais désespérèrent de la Révolution quand ils virent que Robespierre avait des successeurs, et pour eux Napoléon fut avant tout « Tenfant et le champion du jacobinisme ». Mais c'étaient alors les principes qu'ils attaquaient et non pas seulement les personnes, comme au temps où ils les mettaient en scène dans leurs tragédies, comme doublement traîtres à leurs principes, comme autoritaires et sanguinaires à la fois.
Voir dans la Chute de Robespierre une sorte dr mise en scène des théories de Godwin, c'est s'exagérer l'influence de la doctrine, et aussi l'ardeur qu'on mettait à la combattre. Coleridge a varié d'opinion bien souvent sur Godwin, mais jamais il n'aurait