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80 s. T. COLERIDGE.
osé faire entendre que les terroristes étaient ses élèves, appliquaient ses principes. Au moment même où paraissait la Chute de Robespierre^ il lui adressait publiquement un sonnet admiratif :
Tandis que j'errais dans la noire solitude du Malheur, Tu fis apparaître sur ma route la figure splendide de la et tu m'appris que son nom était Bonheur *. [Justice
C'eét ce côté, optimiste à la Rousseau, de la doctrine de Godwin, qui put séduire les pan tisocrates, qui, eux aussi, voulaient faire œuvre d'éducation plus encore que de révolution. Mais c'est son athéisme qui les rendit ennemis, ils avaient cru s'entendre dans le matérialisme, mais Godwin le comprenait comme d'Holbach, et Coleridge comme Hartley et Priestley, c'est-à-dire dans un esprit religieux ^,
L'âme de Coleridge, comme celle de beaucoup de ses contemporains, était alors un chaos si obscur, que lui-même n'arrivait pas à se rendre compte de ce qu'il croyait. On sentait vaguement que tout était ébranlé, on croyait que la religion et la morale traditionnelle allaient disparaître, mais on ne savait pas encore par quels dogmes nouveaux, par quel idéal elles allaient être remplacées. La Révolution française, qui avait produit tout ce désordre, paraissait devoir finir dans une anarchie incompréhensible, son œuvre constructrice restait entièrement inconnue. On comprend le désir, le besoin de fuir que purent éprouver alors quelques esprits honnêtes et purs qui
1. Sonnet à Godwin (P. W., 41), publié en janvier 1195, dans le Morning Post, mais écrit avant le 17 décembre 1794 {Letters, p. U7). — Voir à la suite de la même lettre des vers de Southey adressés aussi à Godwin, et qui semblent aussi faire allusion au caractère non sanguinaire de sa doctrine.