‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 43 sur 194 · Sorel, t. IV, p · texte numérisé non relu

Sorel, t. IV, p

2. Voir la note ajoutée au sonnet dans l'édition de 1796) reproduite par Campbell, P. W., 574*

82 s. T. GOLERIDGE.

de la Liberté. C'est Pitt qui joue le rôledu Diable dans le drame de la Coïitre-révolution, car c'est lui qui a déclaré la guerre à la France et qui la continue. C'est ce personnage au regard sombre et torve qui a crucifié la Liberté et qui l'a percée délibérément d'une lance. Il n'y a pas de pardon pour lui, et, même converti à la 'réaction, Coleridge ne lui pardonna jamais.

Si la Révolution est un fléau, elle est un fléau de Dieu, devant lequel il faut s'incliner avec terreur, mais avec espoir, car Dieu ne peut vouloir le mal et cette Terreur n'est peut-être que la première phase d'une Apocalypse. Tel est le sentiment de transition entre l'esprit révolutionnaire et la réaction, où se tint Coleridge pendant près de deux ans, et qui remplit les Méditations religieuses, esquissées le jour de Noël de l'année 1794.

' Ce poème compliqué et ambitieux est sans doute celui que Coleridge s'excusait presque d'adresser, non terminé, à Charles Lamb, en avouant que « son cœur ne le reconnaissait pas M). Il a voulu y exprimer toutes ses convictions religieuses et politiques. C'est un Évangile philosophique, l'œuvre d'un homme qui croit que ce serait faiblesse d'esprit que de rien implorer de l'Être infini, du grand Invisible qu'on ne connaît qu'à travers des symboles ^. Mais il est difficile de préciser cette philosophie éclectique, qui unit toutes celles qui avaient passionné jusqu'alors Coleridge. Il y a des souvenirs de la réminiscence platonicienne, de l'extase de Plotin, dont les termes mêmes sont rappelés. Ce sont plutôt des ornements poétiques que des théories, le fond du poème reste chrétien.

1. P. W.f p. 37, 38, To a Friend, together with an unfinished Poe m.

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