‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 42 sur 194 · Cf. Letters, p. U · texte numérisé non relu

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MYSTICrSME RÉVOLUTIONNAIRE. 81

ne pouvaient accepter ni la Terreur révolutionnaire en France, ni la Terreur réactionnaire en Angleterre. Refaire par Téducation des individus un monde qui semblait vouloir se détruire lui-même, ce fut Tidée de la pantisocratie, rêve d'individualistes comme Rousseau et Godwin, mais aussi de chrétiens évangéliques comme Priestley.

Le désordre d'esprit de Coleridge, vers la fin de 1794, se montre bien dans les Sonnets adressés à des personnages éminents qu'il publia alors dans le Morning Post. Etrange collection qui réunit Erskine, l'avocat de Thomas Paine, Priestley, La Fayette, Kosciusko , le Révérend poète Bowles , l'actrice Mrs. Siddons. William Godwin, Sheridan, Robert Southey, qui n'était encore qu'un inconnu, Stanhope, le grand seigneur partisan de la Révolution française, qui venait de présenter à la Chambre des Lords une motion contre toute intervention dans les affaires intérieures de la France ^ Ce dernier sonnet est le plus hardi de tous, si bien que Coleridge essaya plus tard de le désavouer. Il n'avait voulu faire, assurait-il, qu'une parodie du style jacobin français en parlant du « mot suspect de patriote », qu'il opposait à celui d' (( Ami du genre humain )) et en appelant la Liberté française une créature du Tout-Puissant, redoutable, mais au service de l'Amour. Ces métaphores bibliques sont très peu françaises, mais sont bien du Coleridge de cette époque ^

Burke, qui a aussi son sonnet, y est encore assez ménagé, il est appelé incorruptible, car Coleridge ignorait, avec toute l'Angleterre, qu'il était pensionné par la cour, et ne voulait voir en lui qu'un fils égaré

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