The Exemple of France a Warning to Britain
voit inscrit en lettres de sang cette maxime, « la sagesse d'un petit nombre ne peut servir de contrepoids à rignorance du grand nombre ». La conclusion naturelle est donc qu'il faut faire l'éducation du peuple avant de faire Ja Révolution, car « la lumière de la philosophie, quand elle est confinée à Fusage d'une petite minorité, désigne plutôt les privilégiés comme victimes que comme éclaireurs de la multitude ». C'est ainsi que les patriotes français ont commis « l'erreur gigantesque de faire de maux certains le moyen d'arriver à un bien seulement possible, ou qu'ils ont été sacrifiés' par la multitude * ». Les Girondins et les Jacobins étaient également impropres à diriger la Révolution française, les uns visionnaires et les autres sanguinaires, les premiers ne gouvernant pas et les seconds ne gouvernant que par la terreur. D'ailleurs, pour Coleridge, l'éducation, non seulement de la démocratie, mais des démocrates, est encore à faire. Us ne lui paraissent pas posséder en politique plus de connaissances que n'en ont en religion les incroyants. Les Amis de la Liberté sont de toute espèce. Il y a les indécis, les violents et les niveleurs stupides. (c En quoi les titres enfantins que se donne l'aristocratie enlèvent-ils quelque chose à mon bonheur domestique, entravent-ils mes progrès intellectuels? » Enfin il y a les vrais patriotes comme Gerrald, comme (( l'illustre triumvirat de Muir, Palmer, Margarot » (dont on ne pouvait faire l'éloge sans courage puisqu'ils venaient d'être condamnés). Ceux-là n'ont pas ignoré que la Révolution devait être précédée d'une « illumination générale » des esprits. Et comment y arriver? (( Allez et prêchez l'Evangile aux pauvres. Par sa simplicité il sera à la hauteur de