Biof/raphia Liieraria^ 2d. éd., p
2. Gillmann, p. 24. — Trollope, llisLory of ClirisVs ffospital.
a-t-il dit, l'époque et la mode n'étaient pas aux enfants prodiges, sans cela à douze ou quatorze ans j'aurais fait un aussi joli enfant prodige qu'on en a jamais vu, émasculé et perdu par une admiration folle et vaine. Dieu merci, je fus fouetté au lieu d'être flatté. Du reste, à mesure que j'avançais, mon sort fut un peu adouci * ».
Ce n'est pas ici le lieu de discuter le système du Rév. Boyer qui a encore ses partisans en Angleterre. 11 semble qu'on peut empêcher un enfant de devenir un petit prodige sans le torturer. -Et Coleridge fut torturé et devint tout de même un prodige, un monstre d'intellectualité auquel les corrections les plus répétées n'auraient pu donner ce sens de la réalité, cet équilibre mental qui lui manquaient déjà quelque peu. Nous ne voyons pas ce qu'on peut gagner à subir, même sans révolte, un châtiment brutal, et qu'on ne comprend pas. En tout cas, la terreur s'établit si effectivement dans son esprit qu'il raconte qu'homme fait, ses cauchemars étaient encore remplis par l'image du (( sévère précepteur » ^
Intellectuellement, le Rév. Boyer ne pouvait donner à ses élèves que ce qu'il avait, du grec et du latin, un peu d'hébreu, et un certain sens du style. Son goût était austère comme sa discipline et son esprit ne s'égayait qu'aux plaisanteries des auteurs latins. Il préférait, nous dit Coleridge, Démosthèneà Cicéron, Homère et Théocrite à Virgile, et Virgile à Ovide, Lucrèce, Térence et Catulle à tous les autres poètes latins. C'était un ennemi né du conventionnel et du beau langage. Ce qu'il y avait de plus original dans ^on enseignement; surtout pour l'Angleterre, c'est
\. Gillmann, p. 21.