Diographîa Literaria, 2d: éd., p
^ ENFANCE ET ADOLESCENCE. il
rimportaiice qu'il donnait aux exercices de composition et de versification anglaises, et sa manière de les corriger.
« En même temps que nous étudiions les tragiques grecs, il nous faisait lire Shakespeare et Milton et c'était même ces leçons-là qui exigeaient le plus de temps et de peine à préparer de manière à échapper à sa censure. C'est de lui que j'ai appris que la poésie, nnême celle des odes les plus sublimes et en apparence les plus désordonnées, a une logique à elle, aussi rigoureuse que celle de la science, et plus difficile, parce qu'elle est plus subtile, plus complexe et dépendant de causes plus nombreuses et plus instables. Dans les vraiment grands poètes, disait-il, il y a une raison assignable, non seulement pour l'emploi de chaque mot, mais pour la position qui lui est donnée... Dans nos propres compositions anglaises (au moins dans les trois dernières années de notre éducation scolaire) il se montrait sans merci pour les expressions, métaphores, ou images non justifiées par un sens solide et les endroits où le même sens aurait pu être exprimé avec une force et une dignité égales en des mots plus simples. Il avait en abomination le luth, la harpe et la hjre, la Muse et les Muscs, V inspiration, Pégase, le Parnasse et V lUppocrène. Je m'imagine Tentendre encore s*écrier : « Harpe? Harpe? Vous voulez dire l'encre et la plume, mon garçon. La Muse? La Muse? vous voulez parler de la fille de l'infirmière, je suppose * ».
Il est bien possible que Coleridge ait acquis de l'enseignement du Rév. Boyer une certaine idée esthétique de la poésie comme œuvre d'art harmonieuse, cette idée de la forme qui a manqué particulièrement