Cestre, Poètes anglais, p. 149 sq
102 s. T. GOLERIDGï:.
longtemps qu'il médite cette séparation, dans le plan du Pays de Galles il avait voulu conserver sa propriété personnelle et ne mettre en commun qu'une ferme de cinq ou six acres. Il avait ainsi renié successivement tous ses principes, il avait songé à entrer dans TEglise établie, lui qui la considérait comme une source d'iniquités et de crimes. Et maintenant il ta étudier le droit, ce qui est encore plus opposé à ses principes que TÉglise elle-même! Il est « rentré dans le rang ». Son Soleil est couché, son Ciel est couvert de nuages. Que Southey ne s'étonne plus d'être traité avec une froide civilité, il n'est plus l'ami de Goleridge car « Ami est une appellation très sacrée ». « Sans donner ni recevoir de salut, j'ai passé devant l'homme auquel, pendant près d'un an, j'ai confié mes dernières pensées au moment de fermer mes yeux et mes premières à mon réveil. Mais j'ai souffert déjà M » ^
Southey a dit : « J'étais enivré dp la nouveauté d'un système ». La pantisocratie était l'invention de Southey, c'est pour elle, pour accomplir un devoir qui ne pouvait être modifié par le nombre de ceux qui en partageaient l'obligation, que Goleridge a abandonné sa famille, ses projets et la femme qu'il aimait d'une manière que Southey ne pourra jamais se figurer!
Oh! égoïste, homme d'argent! Quels sont les principes que vous n'avez pas reniés. Quand il m'en aurait coûté la vie, j'aurais craché au visage de celui qui aurait dit cela de vous, en l'appelant menteur, il y a neuf mois. Car je vous estimais aveuglément. Oh! mon Dieu, qu'une telle âme soit tombée amoureuse de cette basse et vile fille de ruisseau, la Prudence mondaine.... *
Goleridge termine cette diatribe en assurant Southey qu'il a laissé un grand vide dans son cœur,