Letters, p
cipes en vue de ses propensions particulières, et fait de ses actions le critérium de ce qui est vertueux et non pas de la vertu le critérium de ses actions ». C'est ce qu'il appelait dans ses carnets de notes « le pédantisme de lathéisme ^ ». Pourquoi faudrait-il que tout homme soit Godwin?
Mais ses divergences d'opinion avec Thelwall ne Tempêchent pas de le traiter comme un frère, de lui écrire librement sur tous les sujets. Il ne peut pas croire que Thelwall soit athée, il Taime trop pour cela. Il ne l'a encore jamais vu, et pour satisfaire sa curiosité il lui envoie un curieux portrait de luimême^. « Ma figure, à moins qu'elle ne soit actuellement animée par l'éloquence, exprime une grande mollesse, et une grande bonté, allant presque jusqu'à l'imbécillité. C'est seulement l'esquisse d'une figure, exprimant surtout l'inexpression. Cependant on me dit que mes yeux, mes sourcils et mon front sont beaux comme traits de physionomie, mais je n'en sais rien. Quant à ma taille, c'est une bonne taille si on l'apprécie en la mesurant, mais ma démarche est gauche et toute mon attitude indique une indolence capable d'énergie. Je suis et j'ai toujours été un grand liseur, et j'ai presque tout lu, je suis un cormoran de bibliothèque. Je suis plongé dans tous les livres qu'on ne lit pas, du temps des moines ou de l'ère puritaine. J'ai lu et digéré la plupart des historiens, mais je n'aime pas l'histoire. La métaphysique et la poésie, et les phénomènes de l'âme, c'est-à-dire le compte rendu de tous les étranges fantômes qui ont jamais hanté « la philosophie », les rêveurs depuis Thoth