‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 61 sur 194 · Le tiers j note p · texte numérisé non relu

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sublime ». C'était un peu Tavis de Coleridge, qui écrivait à Thelwall : « Je fonde toutes mes prétentions à la poésie sur les Méditations religieuses », et Lamb aussi trouvait le poème sublime. Mais toute cette gloire ne procurait pas le moyen de vivre au jeune ménage de Coleridge, qui allait bientôt s'augmenter d*un enfant. Les projets se succédaient sans interruption. Tantôt il s'agiçsait de faire l'éducation des enfants d'une riche famille de Derby, tantôt de fonder un collège dans cette ville, tantôt enfin de prendre une maison près de son ami Poole, à Stowey, pour faire de Tagriculture sous sa direction. Immédiatemont après l'abandon du Watchman, Coleridge avait songé à apprendre Tallemand pour traduire Schiller et Kant, encore inconnus du public anglais, ou à se faire pasteur unitaire ^ La souscription réunie par Poole avait donné quelque répit, mais il fallait maintenant aviser.

En revenant de Derby, où il était allé étudier quelques projets, Coleridge s'arrêta dans la famille d'un riche banquier de Moseley, près de Birmingham, et fît la conquête du fils de la maison, Charles Lloyd, alors étudiant amateur, poète et enthousiaste de Rousseau. C'était ce qu'on appelait alors (( un jeune homme de génie », avec un certain don pour l'analyse subtile des sentiments et des mœurs, mais sans beaucoup de connaissances positives. Il était déjà l'ami intime de Charles Lamb. Quand les parents eurent vu Coleridge (( jeune homme très sensé et très religieux et poète extraordinaire, destiné par son éducation à devenir clergyman, mais qui a refusé d'entrer dans celte carrière par scrupule de conscience ^ », ils n'hésitèrent pas

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