Utters, p. 2lo
2. E.-H. Coleridge, The Lake Poets in SomerselshirSy p. 9. Extrait des Transactions of Ihe Hoyal Society of Literature^ l. XX.
le roman de Lewis, le Moine^ à la suite des Brigands de Schiller, des pièces de Kotzebue, des romans d'Anne Radcliffe, de toute la littérature satanique qui devait avoir une si grande influence sur la for-mation du romantisme, qui plutôt était un des symptômes de l'apparition du romantisme. L'Osorio de Goleridge, qui fut du reste refusé à Drury Lane, pour son obscurité, mais fut joué au même théâtre quinze ans plus tard sous le titre de Remorse^ ne vaut ni plus ni moins que toute cette littérature fantastique du temps de la Révolution. Gomme il Ta reconnu luimême, le caractère du héros n'est nulle part expliqué, (( quoiqu'il en eût l'idée la plus claire et la plus exacte psychologiquement* ». Le secret de l'énigme, c'est peut-être que Goleridge avait conçu un caractère, mais qu'il en représenta un autre, sous l'influence de la mode contemporaine et en imitation de la pièce inédite de Wordsworth qui lui fut communiquée alors, The Borderers, qui contenait le même type de scélérat, expression littéraire de l'idée populaire qu'on se faisait du jacobin impassible et implacable. La pièce n'en est pas moins intéressante comme forme, très shakespearienne de style et de versification, avec des paysages de rêve qui sont charmants et qui font pressentir le Goleridge de l'année suivante, celui du Vieux Marin et de Chrisiabel et même ces descriptions de l'aérien, presque de l'invisible, que l'on trouve plus tard dans Shelley. La grande poésie était venue, mais ce n'était pas du tout une poésie dramatique. Dans ce genre faux du drame fantastique, Goleridge était faible, car il n'arrivait pas à faire illusion par des scènes bien faites et des coups de théâtre savants. Les finesses psychologiques et la grâce des détails