‹ La vie d'un poète: ColeridgeChapitre 98 sur 194 · Lloyd à Cottle, Réminiscences, p · texte numérisé non relu

Lloyd à Cottle, Réminiscences, p

explique la douleur de Goleridge, qui fut réelle fet profonde*, ce n'est pas seulement la crainte de perdre l'amitié de Lamb, c'est qu'il savait qu'il avait des ennemis et qu'une révélation comme celle du roman de Lloyd, s'il était reconnu, pouvait lui faire beaucoup de tort.

Les attaques^ vinrent, dans un des journaux les plus spirituels et les plus méchants du temps, l'A «h- Jacobin^ où écrivait, entre autres, le futur ministre Canning, alors tout jeune homme. Canning et ses amis, tous furieusement réactionnaires, attaquaient en prose et en vers tout ce qui leur paraissait suspect de jacobinisme, c'est-à-dire de complicité avec les idées françaises, ou simplement avec les idées de réformes, depuis le plus vague libéralisme jusqu'à la « haute trahison ». La bonne foi leur importait peu, ils ne connaissaient pas leurs victimes, et frappaient au hasard. En juillet 1798, ils publièrent une pièce des vers, intitulée Nouvelle Morale, où l'on voyait les cinq poètes errants qui vivent « dans un doux accord d^harnionie et d'amour ».

C'dge and S-they, L-d, and L-be, and Ce

prosterné aux pieds de Lepaux, c est-à-dire de Lareveillère-Lépaux, l'inventeur de la Théophilanthropie. Or les cinq bardes étaient alors tous plus ou moins brouillés, et n'avaient peut-être jamais entendu parler de la théophilanthropie, ni songé à l'admirer! Mais Taccusation était perfide. Accuser ces poètes encore peu connus d'imiter la France païenne du Directoire, c'était assez pouf les perdre en Angleterre, car c'était les accuser à la fois de trahison et d'immoralité. Goleridge dut sentir le danger d'être mis ainsi en

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