‹ La vie d'une comédienneChapitre 15 sur 17 · FRÉDÉRIC K-LEMAITRE · texte numérisé non relu

FRÉDÉRIC K-LEMAITRE

poëte Racine, dont les journaux républicains lui ont tant parlé. Il veut, lui aussi, qu'on lui raconte ces sombres tragédies, ces drames sanglants, ces colères en beau langage harmonieux, ces luttes de rois et de princes qui jusque-là n'ont fait pleurer et gémir que des princes et des rois. Lui aussi il veut voir Andromaque pleurer ses dieux domestiques et sa patrie violée et morte, Hermione agiter d'une main convulsive les serpents de la jalousie, Oreste se débattre sous PEuménide. Il veut s'enivrer de toute cette horreur et toucher de sa main ces furies couronnées de diadèmes.

Quel sera le comédien assez populaire, assez peuple, assez prince cependant, pour représenter un prince de l'antiquité sans choquer ce peuple impatient qui exècre l'antiquité et les princes? Toujours Frederick.

Ah î quand cet homme sera, mort comme Roscius et Préville, un grand sculpteur, le Phidias d'alors, fera avec sa tête un buste magnifique, et, sous ce buste qui sera placé à la Comédie-Française, la Comédie écrira ce

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