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IV. — L’amour, gage de fécondité pour le Prêtre

En s’adressant à ses Prêtres, à qui Jésus donnait la mission de continuer son œuvre sur la terre, Il leur répétait sous des formes diverses que sans Lui ils ne pouvaient rien faire, qu’il était le cep et qu’eux étaient les rameaux, qu’en

Lui seul ils puiseraient la grâce capable de féconder leur ministère. Aussi les suppliait-il de ne point se séparer de Lui, mais de demeurer dans son amour.

Pour Jésus, se faire la source indispensable de la vie qu’il communique à ses Prêtres, c’est en même temps se faire la source nécessaire de leur amour. Ce qu’il donne, Il le prend dans son cœur. Vivre et aimer, c’est tout un pour Lui. Donner sa grâce, c’est donner quelque chose de son amour. Faire participer à l’efficacité de sa vie divine, c’est inoculer de l’amour dans l’âme qu’il vivifie.

Plus grande est la mission reçue, plus abondante est la grâce qui aide à l’accomplir ; et, dès lors, plus vivifiant l’amour qui en est la source. Or, la mission confiée au Prêtre est une mission de vie éternelle. « Je vous ai choisis, dit Jésus à ses Apôtres, pour que vous portiez des fruits et que vos fruits demeurent i. » C’est dire que l’amour qui a présidé au choix de Jésus, et qui ne peut rester inopérant, accompagnera toujours le Prêtre dans l’exercice de son saint ministère et en assurera les fruits, puisque rien de surnaturel ne peut se faire que dans la vie de la grâce qui est la vie de l’amour.

1 Jean, xv, 16.

l’amour dans lame SACERDOTALE 79

Participant à la mission même de Jésus, et à l’amour divin qui en est la raison d’être, le Prêtre est tenu de rester en contact immédiat avec Jésus dont il dépend, comme Jésus demeurait constamment uni à son Père pour accomplir l’œuvre qu’il en avait reçue.

Comment le Prêtre serait-il à l’unisson des sentiments de son Maître, s’il agissait par un autre motif que celui de l’amour? Comment aurait-il le zèle de Le glorifier, si l’amour ne maintenait la fermeté et la constance de ses efforts? Comment travaillerait-il sans relâche au salut et à la sanctification des âmes, si l’amour n’était le principe agissant de toute sa vie ?

Comment s’y prendrait-il pour donner les âmes à Jésus, s’il ne les attirait à Lui par les charmes et les attraits de son amour? Comment leur enseignerait-il les vérités éternelles, qui toutes parlent si éloquemment d’amour, sans les faire ressortir dans la lumière de la charité divine ? Comment révélerait-il aux âmes la connaissance de Jésus, dont il est l’ambassadeur, s’il ne Le leur présentait comme le Dieu d’amour venant ici-bas aimer et se faire aimer?

Comment oserait-il parler d’amour, enseigner l’amour, entraîner les âmes à l’amour, les sanctifier par le puissant motif de l’amour, et ne pas

brûler lui-même du feu dont il embraserait les âmes ? La froideur de ses sentiments se ferait sentir dans ses paroles et atténuerait bien vite l’ardeur de son zèle.

Un Prêtre qui ne s’inspire pas en tout de l’amour qu’il doit à son Maître, est un Prêtre qui se condamne à l’avance à l’infécondité de son ministère. Ne trouvant pas dans son amour un secours suffisant pour supporter les peines, les sacrifices et les efforts constants inhérents à sa mission, il est grandement exposé à se ralentir dans sa ferveur et à négliger ses devoirs essentiels.

D’ailleurs, Jésus Lui-même ne peut bénir les travaux de celui à qui II a confié une mission d’amour, et qui ne se nourrirait pas d’amour pour l’accomplir. A cause des âmes, Jésus permettra que le Prêtre fasse un certain bien ; mais tout ce que l’amour personnel opérerait, si le Prêtre se faisait le héraut et le modèle de l’amour, sera perdu pour Jésus et pour les âmes.

Un Prêtre n’est saint que dans la mesure de son amour. Un Prêtre ne porte des fruits dans son ministère que suivant l’amour qu’il y met.

O Jésus, donnez-nous des Prêtres qui Vous aiment !

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