‹ La vie d’amourChapitre 30 sur 57 · I. — L’amour de devoir · texte numérisé non relu

I. — L’amour de devoir

Toutes les âmes créées à l’image de Dieu sont obligées de l’aimer. Il aurait suffi de recevoir l’existence de la toute-puissance divine, pour rendre à Dieu un culte de reconnaissance et d’amour. Mais le péché ayant entravé l’exercice de ce devoir essentiel et primordial, il a fallu que Dieu nous en rappelât l’obligation sacrée. « Vous aimerez votre Dieu de tout votre esprit, de tout votre cœur et de toutes vos forces l. » Jésus, en nous en renouvelant la nécessité, nous dit que c’est là « le premier commandement 2 ».

Ce commandement ne souffre ni exception ni interruption. A moins de nous condamner à la perte éternelle, nous sommes tenus d’aimer Dieu. Personne n’en est exempté, ni pour un temps, ni pour un motif quelconque. Notre vie tout entière doit être un service d’amour. Ce n’est qu’à cette condition que nous acquerrons des mérites et que nous assurerons notre salut éternel.

1 Matth., xxii, 37. — 2 Id., 38.

LES FORMES DIVERSES DE l’aMOUR 83

L’amour contenu dans ce premier commandement influe sur tous les autres commandements ordonnés par Jésus pour accomplir la loi des préceptes qu’il a promulgués, afin de nous préserver du péché et nous conduire au ciel. Comme si l’autorité de sa parole ne suffisait pas, Il nous dit clairement que l’amour est le moyen le plus efficace pour les observer. « Si vous m’aimez, observez mes commandements i. » Bien plus, si l’amour fait défaut, il est impossible d’être fidèle : « Celui qui n’aime pas, n’observe pas mes commandements 2. »

Ne pas obéir et ne pas aimer vont de pair ; le faire, c’est se condamner à la mort éternelle. En effet, l’infidélité au devoir essentiel de l’amour nous prive de l’amitié divine et nous empêche de vivre spirituellement. « Celui qui n’aime pas, demeure dans la mort 3 », nous dit l’apôtre saint Jean. On ne peut exprimer plus énergiquement le rôle essentiel de l’amour dans la vie de l’âme et sa fidélité au devoir.

Quelle reconnaissance ne devons-nous pas à notre Dieu, de nous avoir donné un commandement si doux pour lui plaire et pour correspondre à ses desseins de miséricorde sur nous.

1 Jean, xiv, i5. — 2 Id., 24. — 3 I Jean, iii, 14.

Rien ne rend heureux comme d’aimer. Il n’en tient qu’à nous seuls de posséder ce bonheur. Faisons donc passer notre devoir avant tout, et celui d’observer les préceptes, et celui qui dépend des conditions dans lesquelles nous vivons. Nos devoirs d’état portent tous un cachet d’amour, et parce que c’est Jésus qui nous les impose, et parce que nous y trouvons un moyen de prouver notre amour.

Le grand commandement de l’amour de Dieu se transforme, dans la vie quotidienne, en de multiples devoirs, que nous devons accomplir avec le même amour et la même persévérance.

Avant tout, donnons à Jésus l’amour que nous ne pouvons Lui refuser, en toute rigueur de justice. Puis, de là, volons à d’autres formes d’amour que réclame la ferveur de notre cœur.

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