I. — L’amour en Dieu, essentiel à son existence
La grande parole de saint Jean, le disciple bien-aimé, restera l’expression synthétique de la doctrine de l’amour. « Deus charitas est — Dieu est amour », s’écrie-t-il dans un moment d’enthousiasme divin, lorsque, de son regard d’aigle, il sonde les perfections infinies de Dieu. Ce n’est pas simplement un attribut qu’il considère, mais son essence même. C’est-à-dire que par le seul fait qu’il existe, Dieu est charité. Existant nécessairement, il se connaît avec la même nécessité ; se connaissant parfaitement, par le fait d’une connaissance aussi nécessaire que son existence, il s’aime inévitablement. Son amour fait partie de son essence. L’amour, c’est lui.
Si Dieu pouvait ne pas s’aimer, il n’existerait pas ; car s’il ne s’aimait pas, c’est qu’il ne se connaîtrait pas ; et s’il ne se connaissait pas, c’est qu’il n’aurait pas conscience de ce qu’il est, ce qui revient à dire qu’il n’existerait pas.
Nous ne pouvons donc avoir une notion exacte de Dieu, que si nous croyons qu’il est amour autant que Dieu. Cette seule considération est capable déjà de nous embraser d’amour. En fixant ainsi notre esprit sur une qualité aussi essentielle en Dieu, nous prenons contact avec la charité divine, et nous en éprouvons naturellement une sainte et amoureuse influence.
Comment admirer en Dieu une telle vérité, et ne pas aimer une si adorable sublimité ? Comment constater une nécessité si absolue d’amour éternel, et ne pas sentir le besoin d’aimer en Dieu ce qu’il aime lui-même de toute éternité?
Lorsque nous penserons à Dieu, pensons-y avec notre cœur, et faisons un acte d’amour.