‹ La vie d’amourChapitre 44 sur 57 · VII. — L’amour unitif à Jésus, l’unique Bien- Aimé · texte numérisé non relu

VII. — L’amour unitif à Jésus, l’unique Bien- Aimé

Tout amour aspire à l’union, et plus encore l’amour divin. On aime dans la mesure où l’on se donne. Tant que l’amour ne s’est pas emparé de tout l’être, il y a forcément des réserves qui empêchent le don total. Ce n’est que quand le don de soi-même est absolu, que l’amour arrive à son apogée. Si les deux amours qui se rencontrent sont fondés sur un don mutuel parfait, l’union qui en résulte confond l’un dans l’autre les cœurs qui s’aiment et devient leur demeure

habituelle, selon la parole illuminatrice de saint Jean : « Celui qui demeure dans la charité, demeure en Dieu et Dieu en lui'. »

L’amour que Jésus nous porte n’est satisfait que quand II s’est emparé de lame au point d’en être absolument maître. C’est alors qu’il y épanche son cœur et le brûle des feux de son éternel amour. Ces flammes y consument tout ce qui peut rester encore de naturel et d’humain, et Jésus en prend la place. Si l’âme, correspondant à la grâce, se livre totalement à l’action amoureuse de Jésus, il s’opère en elle des merveilles de transformation qu’activent sans cesse les relations intimes qu’elle entretient avec son divin Bien-Aimé.

Les obstacles n’existant plus, l’amour a libre cours et accélère continuellement ses saintes ardeurs. Le Jésus que l’âme a devant elle, l’attire impérieusement. Pour Lui, elle a tout quitté et s’est dépouillée elle-même sans merci ; elle veut en retour jouir de l’objet de son amour. Pour le Jésus qu’elle a préféré à tout, elle s’applique à une fidélité exemplaire qui Lui est constamment un hommage indiscutable de son amour. Pour le Jésus auquel elle a solennellement consacré sa vie, elle veut offrir un sacrifice perma-

1 I Jean, iv, 16.

nent d’amour et de tendresse. Pour le Jésus dont la soif d’amour la dévore, elle est prête à tous les sacrifices pour obtenir de vivre de son unique amour.

Arrivée à cette hauteur, l’âme n’a plus qu’un désir, celui de se perdre en l’amour de Jésus. Elle est mûre pour l’union ineffable que Jésus a promise à lame qui L’aime uniquement. La grande prière que ce tendre Maître adressait à son divin Père, avant de retourner à lui, doit recevoir sa pleine réalisation : « Père , qu’ils soient un en nous comme nous sommes un, vous en moi et moi en eux *. »

Sublime récompense d’un amour généreux qui n’a cessé de s’exercer dans la pratique de toutes les vertus. Consommation ultime des ardeurs toujours croissantes d’une âme ravie par les charmes souverains de Jésus son Bien-Aimé.

Parvenue à ce degré d’amour divin, l’âme n’a plus qu’à s’y maintenir, par les mêmes moyens cependant qui l’ont conduite à cet état d’amour unitif, ambition suprême de l’amour de Jésus pour elle et de son amour pour Lui.

« Celui qui m’aime, je l’aimerai, je viendrai en lui et j’y établirai ma demeure 2. »

Après cela, le ciel !

1 Jean, xvii, 21-23. — ■ 2 Jean, xiv, 21, 23.

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