VII. — La vie de l’âme en Jésus et de Jésus dans l’âme
C’est ce que nous enseigne déjà la transformation de l’âme en Jésus. Ce que nous voulons ajouter ici, comme un complément à la vie d’amour, c’est la continuité de la demeure de Jésus dans lame et de l’âme en Jésus. Non seulement l’amour transforme les âmes, en les vidant d’elles-mêmes et en les livrant à l’action de Jésus, afin qu’elles opèrent en tout sous l’influence de leur divin principe de vie ; mais encore il établit l’âme dans une habitude d’amour qui lui devient un état.
Pour vivre, l’âme puise en Jésus sa vie. Pour aimer, elle demeure dans son sein. L’amour la fait vivre ; et sa vie, c’est d’aimer. Autant Jésus attire l’âme en Lui, pour la faire vivre d’amour, autant l’âme attire Jésus en elle, pour en être enivrée d’amour. L’amour de l’un et de l’autre, c’est la vie ; la vie qui vient de Jésus, lequel est essentiellement la vie comme II est essentiellement l’amour ; la vie qui remplit l’âme et que lui a inoculé l’amour. De sorte qu’à vrai dire, Jésus vit dans l’âme comme II vit en Lui-même, et l’âme vit en Jésus, en qui seul elle demeure.
Le lien indissoluble et vital qui les unit est un lien d’amour éternel, qui ressemble à celui qui, dans la Béatitude, unit les élus au Jésus de leur éternelle contemplation. Cette union est de même nature, quoique dans des conditions différentes : conditions de progrès incessants pendant la vie, conditions de complète jouissance dans le ciel. Mais c’est le même Jésus qui est aimé et possédé ; c’est le même amour, qui se perfectionne ici-bas et qui sera couronné dans la gloire ; c’est la même vie qui, sur la terre, produit des fruits qui arriveront à maturité dans la vie éternelle ; c’est la même ineffable demeure d’amour mutuel inaugurée dans l’exil pour se perpétuer ensuite dans les siècles des siècles.