I. Ici commence le livre deuxième du manuscrit original
cardinal, qui me prêta des chevaux, je partis donc escorté de deux jeunes Romains : l'un était orfèvre; l'autre, étranger à Tart, n'était venu que pour me tenir compagnie.
Quand je fus sorti de Rome, je me dirigeai vers Tagliacozzo. Olì je pensais rencontrer mon élève Ascanio. Je Vy trouvai en effet avec son père, ses frères, ses sœurs et sa belle-mère. Il me serait impossible de dire toutes les caresses dont ils m'accablèrent. Au bout de deux jours, je repartis pour Rome et j'emmenai Ascanio avec moi. Pendant la route nous parlâmes si bien du métier que je brûlais du désir d'être à Rome pour aborder la besogne.
Dès que nous fûmes arrivés, je me disposai à travailler. Avant mon emprisonnement, j'avais commencé pour le cardinal un bassin d'argent et une magnifique aiguière. Je retrouvai le bassin et je chargeai Pagolo de l'achever. Quant à l'aiguière, elle m'avait été volée avec une foule d'autres objets de grande valeur, de sorte que je la recommençai. Elle était couverte de figures en ronde-bosse et en bas-relief. Le bassin, orné aussi de figures en rondebosse et de poissons en bas-relief, était à la fois si splendide et de si bon goût, que tous ceux qui le voyaient ne savaient ce qu'ils devaient le plus admirer de la vigueur du dessin, de la richesse de l'invention ou de l'habileté des ouvriers.
Le cardinal venait chez moi au moins deux fois par jour avec messer Luigi Alamanni et messer Gabriello Cesano'. Nous passions ensemble quelques heures dans
I. Kcnvain d'une grande autorité, qui fut attaché au cardinal de Médicis et qui passa ensuite en France avec le cardinal d'Esté.