‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 23 sur 275 · I. Bagatelles · texte numérisé non relu

I. Bagatelles

5a VIE DE BENVENUTO CELLINI.

je lui dis que chaque oiseau avait son ramage, qu'il parlait comme on parle dans les tanières d'où il était sorti ; puis, je lui protestai que je me tirerais très bien des a saletés » qu'il faisait, mais que lui ne réussirait jamais à faire mes a cochonneries. » Enfin, je le quittai furieux, en lui annonçant que bientôt je lui prouverais que je disais vrai. Les assistants lui donnèrent tort à haute voix, le tenant pour un vilain qu'il était, et moi, pour un galant homme, ainsi que je l'avais montré.

L'aiguière de l'évêque de Salamanque.

Le lendemain, j'allai remercier madonna Porzia, et je lui dis que sa seigneurie, au lieu de faire rire le diable, lui avait fait renier Dieu de nouveau. Nous en rîmes tous les deux de bon cœur, et clic me confia plusieurs travaux aussi beaux que lucratifs.

Pendant ce temps, je cherchai à obtenir, par l'entremise d'un élève de Raphaël d'Urbin, que l'évêque de Salamanque me chargeât d'exécuter une de ces grandes aiguières dont on se sert pour l'ornement des crédences. Comme ce prélat désirait en avoir deux d'égale dimension, il en commanda une à Lucagnolo, et l'autre à moi. Le dessin de ces aiguières nous fut fourni par le peintre Giovanfrancesco '.

Page 1