‹ La vie de Benvenuto CelliniChapitre 273 sur 275 · Catherine de Médicis. — E. F · texte numérisé non relu

Catherine de Médicis. — E. F

2. Daniello Ricciarelli naquit à Volterra en i5i i, et mourut en i366. — Dès son début, il fut remarqué par Michel-Ange, qui le fit son substitut dans les travaux du Vatican, le préconisa, l'aida et l'enrichit de ses dessins ; sur la fin de sa vie, il se consacra tout à fait à la sculpture. C'est alors qui! entreprit le cheval colossal dont parle Cellini. Vasari

Il vii E HUITIEME. 6i3

colossal en bron/.e, mais qu'il avait laisse s'écouler Tépoquc où il devait le livier; que le tombeau réclamait de riches et nombreux ornements; qu'en conséquence, si je voulais revenir en France habiter mon château, la reine, pour m'attacher à son service, m'accorderait tout ce que je pourrais désirer. Je répondis à messer Baccio qu'il fallait en conférer avec le duc; que, si Son Excellence illustrissime 3^ consentait, je retournerais volontiers en France. « Eh bien! nous partirons ensemble, » s'écria joyeusement messer Baccio, qui cro3^ait l'affaire faite. Le lendeniain il eut avec le duc une entrevue dont il profita pour lui parler de moi et lui dire que, si Son Excellence le permettait, la reine me prendrait à son service. « Benvenuto est un habile homme, ainsi que tout le monde le sait, mais maintenant il ne veut plus travailler. » Telle fut la réponse du duc, qui changea ensuite la conversation. Tout cela me fut rapporté par messer Baccio luimême, que j'allai voir le soir suivant. Je ne pus me contenir plus longtemps. « Son Excellence, m'écriai-je, ne m'a rien commandé, et cependant avec mes seules ressources j'ai exécuté un des ouvrages les plus difficiles du monde, et pour lequel, malgré ma pauvreté, j'ai dépensé plus de deux cents écus. Que n'aurais-je donc pas fait si Son Excellence illustrissime m'eut employé ? Je vous le jure, en vérité, on m'a fait bien du tort. » Le bon gentilhomme répéta fidèlement ces paroles au duc, mais celui-ci lui répondit que c'était une plaisanterie et qu'il voulait me garder. J'en fus tellement irrité, que plusieurs fois je fus tenté de partir à la grâce de Dieu.

atti'ibue la mort de Daniel à l'extrême fatigue qu'il éprouva en travaillant à cet ouvrage.

6i4 VIE DE BENVENUTO CELLINI.

La reine, de peur de déplaire au duc, ne voulut plus qu'on lui parlât de moi : de sorte qu'à mon grand regret je fus obligé de rester.

Vers cette époque, le duc quitta Florence avec sa cour et tous ses enfants, à l'exception du prince qui était en Espagne. Il se rendit à Pise en traversant les maremmes de Sienne. Le cardinal fut le premier qui ressentit les effets de cet air empoisonné. Peu de jours après, il fut attaqué d'une fièvre pestilentielle qui l'emporta rapidement. C'était l'œil droit du duc : il fut vivement regretté, car il était beau et bon. Je laissai s'écouler quelque temps, et, lorsque je crus que les larmes étaient essuyées, j'allai à Pise'.

I. Benvenuto parle de la mort du cardinal Giovanni et non de celle de don Garcia; il est donc certain que c'est vers le commencement de décembre i562 qu'il a cessé d'écrire ses mémoires, qu'il avait commencés en i538. Son livre s'arrêtant à cette date il nous manque, pour sa part, l'histoire des sept dernières années de sa vie, qui s'acheva le i3 février 167 1, et par conséquent à la soixante-dixième année de son âge. Il fut enterré le i5 février, selon sa volonté, dans la chapelle de l'église de l'Annunziata (vulgairement nommée des « Servîtes ») appartenant à la compagnie de Saint-Luc, académie des Arts de Florence, qui lui rendit tous les honneurs possibles. Son corps fut porté par quelques-uns de ses membres et un moine fut chargé de prononcer son oraison funèbre. — E. F.

Page 1