ACTE I
prise superbe sous la raison Piochage et compagnie. Capital social : courage, esprit et gaieté.
DURANDIN
Maïs en vérité je suis bien bon de t'écouter. Madame de Rouvres arrive aujourd’hui, dans une heure.
RODOLPHE
Vous faites bien de me prévenir, mon oncle. Je m’en vais tout de suite. (Il remonte.) DURANDIN.
Un pas de plus, et je te déshérite.
FOURS s'arrêtant.
Fichtre ! je demande à m’asseoir.
DURANDIN, s’asseyant sur le banc avec son nevew Écoute, mon garçon : autrefois, tu as fait la cour a maaame de Rouvres, tu as été empressé, assidu auprès d'elle tout un hiver.
RO JOLPHE.
Je ne puis le nier, mon oncle... DURANDIN.
Au printemps, nous avons passé un mois à sa campagne, et entre nous ces promenades dans les allées solitaires du parc. RODOLPHE.
Chut! soyez aussi discret que moi, mon oncle. DURANDIN.
Je ne te fais pas de reproches, au contraire, tu as bien fait, c'était un coup de maitre; car elle est très-riche, et elle l'aime.
RODOLPHE
Eile m'aime ? ; | DURANDIN.
J'en suis sûr.
RODOLPHE
C’est une femme d’esprit, elle comprendra que je ne veuille pas l’épouser.
DURANDIN
Tu ne veux pas l’épouser ?
RODOLPHE
Je ne l’ai pas promis.
DURANDIN
Promis. Ce garcon-là est d’une outrecuidance.….. + RODOLPHE.
Mais, non, mon oncle, je veux rester garçon, voilà tout. DURANDIN.
Mais, malheureux, madame de Rouvres est jolie” RODOLPHE.
Je le sais, mon oncle.
DURANDIN
Eh bien ?
RODOLPHE
Eh bien! tant pis pour les autres.
DURANDIN
En l'épousant, tu aurais, du côté de ta femme seulement, . quarante mille livres de rentes... Tu aurais une position calme, tranquille, tu aurais des enfants.
RODOLPHE
Oui, c’est ca, beaucoup d’enfants et des lapins; merci, ça ne peut pas m’aller. Il me faut de l’air, de la liberté, une wie accidentée, orageuse si vous voulez... quitte à ne pas diner tous les jours, ça m’est égal. Les jours de bombance, je mangerai pour un mois.
DURANDIN
Tu ne feras jamais rien de ta vie, tu suivras les traces de ton père. | RODOLPHE. É
Ah! mon oncle, ne parlons pas de ça, ne remuons pas les cendres.
DURANDIN
C’est très-bien; mais il n’en est pas moins vrai que mon frère aussi n’a voulu en faire qu’à sa tête, et’ lorsqu'il est mort, il devait à tout le monde. S
RODOLPHE, sérieux.
Excepté à vcz=, mon oncle.
DURANDIN
Il fallait peut-être me saigner aux quatre veines pour soutenir un fou?
RODOLPHE
Non, mon oncle, vous avez bien fait. Après tout, mon père m'a laissé un nom honorable, un nom que lon répète, et des tableaux que l’on admire; mais encore une fois ne parlons pas de ça.
DURANDIN
Soit ! d’ailleurs, il faut que je te quitte pour aller au-devant de madame de Rouvres; j'espère qu’à mon retour je te trouverai dans de meilleures 1dées.
RODOLPHE
I ne faut jurer de rien, mon oncle. Il n’y a rien d’immuable
sous'le soleil.
DURANDIN
Réfléchis, et, si tu deviens raisonnable, tu ne t'en repentiras pas.
ENSEMBLE
Air : Poika de la Vivandière.
DURANDIN. , Le vrai bonheur Est pour le cœur Pans le mariage. | »
Il n’est pour nous Rien de si doux Ê Que cet esclavage.