‹ La vie de bohème (volume 2)Chapitre 45 sur 66 · ÉPILOGUE DES AMOURS DE I10D0LN1K ET DE MADEMOISELLE MIMI · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE DES AMOURS DE I10D0LN1K ET DE MADEMOISELLE MIMI

Pendant les premiers jours de sa rupture définitive avec mademoiselle Mimi, qui l'avait quittée, comme on se rappelle, pour monter dans les carrosses du vicomte Paul, le poëte Rodolphe avait cherche à s'étourdir en prenant une autre maîtresse.

Celle-là même qui était blonde, et pour laquelle nous l'avons vu s'habiller en Roméo dans un jour de folie et de paradoxe. Mais cette liaison, qui n'était chez lui qu'une affaire de dépit et chez l'autre qu'une affaire de caprice, ne pouvait pas avoir une longue durée. Cette jeune fille n'était, après tout, qu'une folle personne, vocalisant dans la perfection le solfège de la rouerie ; spirituelle assez pour remarquer l'esprit des autres et s'en servir à l'occasion, et n'ayant de cœur que pour y avoir mal, quand elle avait trop mangé. Avec tout cela, un amour effréné et une coquetterie féroce qui l'eût poussée à préférer une jambe cassée à son amant plutôt qu'un volant de moins à sa robe ou un ruban fané à son chapeau. Beauté contestable, créature ordinaire, dotée nativement de tous les mauvais instincts, et cependant séductrice par certains côtés et à certaines heures. Elle ne tarda pas à s'apercevoir que Rodolphe l'avait prise uniquement pour l'aider à lui faire oublier l'absente,

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qu'elle lui faisait regretter au contraire, car jamais son ancienne amie n'avait été si bruyante et si vivante dans son cœur.

Un jour, Juliette, la nouvelle maîtresse de Rodolphe, causait de son amant le poëte avec un élève en médecine qui lui faisait la cour; l'étudiant lui répondit :

— Ma chère enfant, ce garçon-là se sert de vous comme on se sert du nitrate pour cautériser les plaies, il veut se cautériser le cœur: aussi vous avez bien tort de vous faire du mauvais sang et de lui être fidèle.

— Ah, ah! s'écria la jeune fille en éclatant de rire, est-ce que vous croyez bonnement que je me gêne? Et le soir même elle donna à l'étudiant la preuve du contraire.

Grâce à l'indiscrétion d'un de ces amis officieux qui ne sauraient garder inédite la nouvelle susceptible de vous causer un chagrin, Rodolphe eut vent de l'affaire et s'en fit un prétexte pour rompre avec sa maîtresse par intérim.

11 s'enferma alors dans une solitude absolue, où toutes les chauves-souris de l'ennui ne tardèrent pas à venir faire leur nid, et il appela le travail à son secours, mais ce fut en vain. Chaque soir, après avoir sué autant de gouttes d'eau qu'il avait usé de gouttes d'encre, il écrivait une vingtaine de lignes dans lesquelles une vieille idée plus fatiguée que le Juif errant, et mal vêtue de haillons empruntés aux friperies littéraires, dansait lourdement sur la corde roide du paradoxe. En relisant ces lignes, Rodolphe demeurait consterne comme un homme qui voit pousser des orties dans la plate-bande où il a cru semer des roses. 11 déchirait alors la page où il venait d'égrener ces chapelets de niaiseries, et la foulait aux pieds avec rage.

— Allons, disait-il en se frappant la poitrine à l'endroit du cœur, la corde est cassée, résignons-nous. Et comme depuis longtemps une semblable déception succédait à toutes ses tentatives de travail, il fut pris d'une de ces langueurs découragées qui font trébucher les orgueils les plus robustes et abrutissent les intelligences les plus lucides. Rien n'est plus terrible, en effet, que ces luttes solitaires qui s'engagent quelquefois entre l'artiste obstiné et l'art rebelle, rien n'est plus émouvant que ces emportements alternés d'invocations tour à tour suppliantes et imperatives adressées à la Muse dédaigneuse ou fugitive.

Les plus violentes angoisses humaines, les plus profondes blessures faites au vif du cœur ne causent pas une souffrance .qui approche de celle qu'on éprouve dans ces heures d'impatience et de doute si fréquentes pour tous ceux qui se livrent au périlleux métier de l'imagination.

A ces violentes crises succédaient de pénibles abattements ; Rodolphe restait alors pendant des heures entières comme pétrifié dans une immobilité hébétée. Les coudes appuyés sur sa table, les yeux fixement arrêtés sur l'espace lumineux que le

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raj on de sa lampe décrivail au milieu de cette feuille de papier, «champ de bataille» où son esprit était vaincu quotidienne ment et où sa plume s'étail l'un rime à poursuivre l'insaisissable idée, il voyait dealer lentement, pareils aux figures des chambres magiques dont on amuse les enfants, de fantastiques ta Meaux qui déroulaient devant lui Le panorama de son pa (.'étaient d'abord les jours laborieux où chaque heure du ca> dran sonnait l'accomplissement d'un devoir, les nuits studieuses passées en tête-à-tête avec la Muse qui venait parer de ses féeries sa pauvreté solitaire el patiente. El il serappelail alors avec envie l'orgueilleuse béatitude qui l'enivrait jadis lorsqu'il avait achevé la tâche imposée par sa volonté. «Ohl (( rien ne vous vaut, s'écriait-il, rien ne vous égale, volup- « tueuses fatigues du labeur, qui faites trouver si doux Les ma- « telas du far niente. Ni les satisfactions de L'amour-propre, ni » celles que procure la fortune, ni les fiévreuses pamoi « étouffées sous les rideaux lourds des aleùves mystérieuses. « rien ne vaut et n'égale cette joie honnête et calme, ce légi- « lime contentement de soi-même que le travail donne aux laïc borieux comme un premier salaire. » Et les yeux toujours fixés sur ces visions qui continuaient à lui retracer les scènes des époques disparues, il remontait les six étages de tout mansardes où son existence aventureuses avait campé, et où la Muse, son seul amour d'alors, Adèle et persévérante amie, l'avait suivi toujours, faisant bon ménage avec la misère, et n'interrompant jamais sa chanson d'espérance. Mais voici qu'au milieu de cette existence régulière et tranquille apparaissait brusquement la figure d'une femme ; et en la voyant entrer dans cette demeure où elle avait été jusque-là reine unique et maîtresse, la Muse du poëte se levait tristement et livrait la place à la nouvelle venue en qui elle avait deviné une rivale. Rodolphe hésitait un instant entre la Muse à qui son regard semblait dire reste, tandis qu'un geste attractif adressé à l'étrangère lui disait viens. Et comment la repousser, cette créature charmante qui venait à lui armée de toutes les séductions d'une beauté dans son aube? Bouche mignonne et lèvre rose, parlant un langage naïf et hardi, plein de promesses câlines; comment refuser sa main à cette petite main blanche aux veines bleues, qui s'étendait vers lui toute pleine de caresses? Comment dire va-t'en à ces dix-huit ans fleuris dont la présence embaumait déjà la maison d'un parfum de jeunesse et de gaieté? Et puis, de sa douce voix tendrement émue, elle chantait si bien la cavatine de la tentation! Par ses yeux vifs et brillants, elle disait si bien : Je suis l'amour; par ses lèvres où fleurissait le baiser': Je suis le plaisir; par toute sa personne enfin : Je suis le bonheur, que Rodolphe s'y laissait prendre. Et d'ailleurs cette jeune femme, après tout, n'était-ce pas la poésie vivante et réelle ; ne lui avait-il pas dû ses plus fraîches inspirations? ne l'avait-elle pas souvent initié à des enthousiasmes qui l'empor-

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taient si haut dans l'éther de la rêverie, qu'il perdait de vue les choses do la terre? S'il avait beaucoup souffert à cause d'elle, cette souffrance n'était-elle point l'expiation des joies immenses qu'elle lui avait données? n'était-ce point la vengeance ordinaire de la destinée humaine, qui interdit le bonheur absolu comme une impiété? Si la loi chrétienne pardonne à ceux qui ont beauçQU.p aimé, c'est aussi parce qu'ils auront beaucoup souffert, et l'amour terrestre ne devient une passion divine qu'à la condition de se purifier dans les larmes. De même qu'on s'enivre à respirer l'odeur des roses fanées, de même Rodolphe s'enivrait encore en revivant par le souvenir de cette vie d'autrefois, où chaque jour amenait une élégie nouvelle, un drame terrible, une comédie grotesque. Il repassait par toutes les phases de son étrange amour pour la chère absente, depuis leur lune de miel jusqu'aux orages domestiques qui avaient dé- . terminé leur dernière rupture; il se rappelait le répertoire de toutes les ruses de son ancienne maîtresse, il redisait tous ses mots. Il la voyait tourner autour de lui dans leur petit ménage, fredonnant sa chanson de Ma mie Annette, en accueillant avec la même gaieté insoucieuse les bons et les mauvais jours. Et en fin de compte il arrivait à se dire que la raison avait toujours eu tort en amour. En effet, qu'avait-il gagné à cette, rupture ? Au temps où il vivait avec Mimi, celle-ci le trompait, il était vrai; mais s'il le savait, c'était sa faute, après tout, et parce qu'il se donnait un mal infini pour l'apprendre, parce qu'il passait son temps à l'affût des preuves, et que lui-même aiguisait les poignards qu'il s'enfonçait dans le cœur. D'ailleurs, Mimi n'était-elle pas assez adroite pour lui démontrer au besoin que c'était lui qui se trompait? Et puis, avec qui lui était-elle infidèle? C'était le plus souvent avec un châle, avec un chapeau, avec des choses et non avec des hommes. Cette tranquillité, ce calme qu'il avait espérés en se séparant de sa maîtresse, les avait-il retrouvés après son départ? Hélas ! non. Il n'y avait de moins qu'elle dans la maison. Autrefois sa douleur pouvait s'épancher, il pouvait s'emporter en injures, en représentations, il pouvait montrer tout ce qu'il souffrait, et exciter la pitié de celle qui causait ses souffrances. Et maintenant sa douleur était solitaire, sa jalousie était devenue la rage; car autrefois il pouvait du moins, quand il avait des soupçons, empêcher Mimi de sortir, la garder près de lui, en sa possession; et maintenant, il la rencontrait dans la rue, au bras de son amant nouveau, il fallait qu'il se détournât pour la laisser passer, heureuse sans doute, et allant au plaisir.

Cette misérable vie dura trois ou quatre mois. Peu à peu le calme lui revint. Marcel, qui avait fait un long voyage pour se distraire de Musette, revint à Paris et se logea encore avec Rodolphe. Ils se consolaient l'un par l'autre.

Un jour, un dimanche, en traversant, le Luxembourg, Rodolphe rencontra Mimi, en grande toilette. Elle allait au bal.

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Elle lui fit un signe de tète, auquel il répondit par un salut. Cette1 rencontre lui donna un grand coup dans le cœur, mais cette émotion fut moins douloureuse que de coutume. 11 se promena encore quelque temps dans le jardin du Luxembourg, et revint chez lui. Quand Marcel rentra le soir, il le trouva au

travail.

— Ah bah! fit Marcel en se penchant sur son épaule, tu travailles... des vers?

— Oui, répondit Rodolphe avec joie. Je crois que la petite bêle n'est pas tout à fait morte. Depuis quatre heures que je suis là, j'ai retrouvé la verve des anciens jours. J'ai rencontré Mimi.

— Bah! fil Marcel avec inquiétude. Et où en ôtes-vous?

— A pas peur, dit Rodolphe, nous n'avons fait que nous saluer. Ça n'a pas été plus loin que ça.

— Bien vrai? dit Marcel.

— Bien vrai. C'est fini entre nous, je le sens; mais si je me remets à travailler, je lui pardonne.

— Si c'est tant fini que ça, ajouta Marcel qui venait de lire les vers de Rodolphe, pourqui lui fais-tu des vers :

— Hélas! reprit le poëte, je prends ma poésie où je la trouve.

Pendant huit jours il travailla à ce petit poème. Quand il eut . fini, il vint le lire à Marcel, qui s'en déclara satisfait, et qui encouragea Rodolphe à utiliser autrement la veine qui lui était revenue.

— Car, fit-il observer, ce n'était pas la peine de quitter Mimi, si tu dois toujours vivre avec son ombre. Après ça, dit-il en souriant, au lieu de prêcher les autres, je ferais mieux de me prêcher moi-même, car j'ai encore de la Musette pleine de cœur. Enfin ! nous ne serons peut-être pas toujours des jeunes gens affolés des créatures du diable.

— Hélas ! répliqua Rodolphe, il n'est pas besoin de dire la jeunesse : Va-t'en.

— C'est vrai, dit Marcel, mais il y a des jours où je voudrais être un honnête vieillard, membre de l'Institut, décoré de plusieurs ordres, et revenu des Musettes de ce monde. Le diable m'emporte si j'y retournerais ! Et toi, ajouta l'artiste en riant, aimerais-tu avoir soixante ans?

— Aujourd'hui, répondit Rodolphe, j'aimerais mieux avoir soixante francs.

Peu de jours après, mademoiselle Mimi , étant entrée dans un café avec le jeune vicomte Paul, ouvrit une Bévue où se rouvaient imprimés les vers queBodolphe avait faits pour elle.

— Bon! s'écria-t-elle en riant d'abord, voilà encore mon amant Rodolphe qui dit du mal de moi dans les journaux.

Mais quand elle eut achevé la pièce de vers, elle resta silencieuse et toute rêveuse. Le vicomte Paul, devinant qu'elle songeait à Rodolphe, essaya de l'en distraire.

Mon ami, i'ai une bieii mauvaise no

vous iippremlre : Le N° 9 est mort.

Propriété «le M. Calmann Lévy

— Je t'achèterai des pendants d'oreilles, lui dit-il.

— Ah ! dit Mimi, vous avez de l'argent, vous !

— Et un chapeau de paille d'Italie, continua le vicomte Paul.

— Non, dit Mimi, si vous voulez me faire plaisir, achetezmoi ça.

Et elle lui montrait la livraison où elle venait de lire la poésie de Rodolphe,

— Ah ! pour cela, non, lit le vicomte piqué.

— C'est hien, répondit Mimi froidement. Je l'achèterai moimême, avec de l'argent que je gagnerai moi-même. Au fait, j'aime mieux que ce ne soit pas avec le vôtre.

Et pendant deux jouis Mimi retourna dans son ancien atelier de fleuriste, où elle gagna de quoi acheter la livraison. Elle apprit par cœur la poésie de Hodolphe; et, pour faire enrager le vicomte Paul, elle la répétait toute la journée à ses amis. Voici quels étaient ces vers :

Alors que je voulais choisir une maîtresse. Et qu'un jour le hasard lit rencontrer nos pas, J'ai mis entre tes mains mon cœur et ma jeunesse Et je t'ai dit : Fais-en ce que tu voudras.

Hélas ! ta volonté fut cruelle, ma chère :

Dans tes mains ma jeunesse est restée en lambeaux,

Mon cœur s'est en éclats brisé comme du verre,

Et ma chambre est le cimetière

Où sont enterrés les morceaux

De ce qui t'aima tant naguère.

Entre nous maintenant, n — i, ni, — c'est fini,

Je ne suis plus qu'un spectre et tu n'es qu'un fantôme,

Et sur notre amour mort et bien enseveli,

Nous allons, si tu veux, chanter le dernier psaume.

Pourtant ne prenons point un air écrit trop haut, Nous pourrions tous les deux n'avoir pas la voix sûre; Choisissons un mineur grave et sans fioriture; Moi je ferai la basse et toi le soprano.

Mi, ré, mi, do, rê, la. — Pas cet air, ma petite ! S'il entendait cet air que tu chantais jadis, Mon cœur, tout mort qu'il est, tressaillirait bien vite Et ressusciterait à ce De profundis.

Do, mi, fa, sol, mi, do. — Celui-ci me rappelle Une valse a deux temps qui me lit bien du mal; Le litre au l'ire aigu raillait le violoncelle Qui pleurait sous l'archet ses notes de cristal.

Sol do, do, si, si, la. — Point cet air, je t'en prie, Nous l'avons, l'an dernier, ensemble répété Avec des Allemands qui chaînaient leur patrie Dans les bois de Meudon, par une nuit d'été.

Eh bien! ne chantons pas, restons-en là, ma chère; Et pour n'y plus oepser, pour n'y plus revenir, Sur nos amours défunts, sans haine et sans colère, Jetons en souriant un dernier souvenir.

Nous étions bien heureux dans ta petite chambre, Quand ruisselait la pluie et que souillait le vent ;

Assis dans un fauteuil, près de l'aire, en décembre,

Aux lueurs de les yeux j'ai rêvé bien souvent.

La bouille pétillait; en chauffant sur les cendres, La bouilloire chantait son refrain régulier, Et faisait un orchestre au bal des salamandres Qui voltigeaient dans le foyer.

Feuilletant un roman, paresseuse el frileuse, Tandis que tu fermais tes yeux ensommeillés, Moi je rajeunissais ma jeunesse amoureuse, Mes lèvres sur tes mains et mon cœur à tes pieds.

Aussi, quand on entrait, la porte ouverte à peine, On sentait le parfum d'amour et de gaité Dont notre chambre était du matin au soir pleine, Car le bonheur aimait noire hospitalité.

Puis l'hiver s'en alla; par la fenêtre ouvrit,', Le printemps un matin vint nous donner l'éveil, Et ce jour-la tous deux dans la campagne verte Nous allâmes courir au-devant du soleil.

C'était le vendredi de la sainte semaine,

Et, contre l'ordinaire, il faisait un beau temps,

Du val à la colline, et du bois à la plaine,

D'un pied leste et joyeux, nous courûmes longtemps.

Fatigués cependant par ce pèlerinage, Dans un lieu qui formait un divan naturel Et d'où l'on pouvait voir au loin le paysage, Nous nous sommes assis en regardant le ciel.

Les mains pressant les mains, épaule contre épaule, Et sans savoir pourquoi, l'un et l'autre oppressés, Notre bouche s ouvrit sans dire une parole, Et nous nous sommes embrassés.

Près de nous l'hyacinthe avec la violette Mariaient leur parfum qui montait dans l'air pur; Et nous vimes tous deux, en relevant la tète, Dieu qui nous souriait à son balcon d'azur.

Aimez-vous, disait-il; c'est pour rendre plus douce La route où vous marchez que j'ai fait sous vos pas Dérouler en tapis le velours de la mousse. Embrassez-vous encor, — je ne regarde pas.

Aimez-vous, aimez-vous : dans le vent qui murmure, Dans les limpides eaux, dans les bois reverdis, Dans l'astre, dans la fleur, dans la chanson des nids, C'est pour vous que j'ai fait renaître ma nature.

Aimez-vous, aimez-vous; et de mon soleil d'or, De mon printemps nouveau qui réjouit la terre, Si vous êtes contents, au lieu d'une prière Pour me remercier — embrassez-vous eueor.

Un mois après ce jour, quand fleurirent les roses Dans le petit jardin que nous avions planté, Quand je t'aimais le mieux, sans m'en dire les causes, Brusquement ton amour de moi s'est écarté.

Où s'en esl-il allé? partout un peu, je pense; Car, faisant triompher l'une et l'autre couleur, Ton amour inconstant flotte sans préférence Du brun valet de pique au blond valet de cœur

Te voilà maintenant heureuse : ton caprice Règne sur une cour de galants jouvenceaux, Et tu ne peux marcher sans qu'à tes pieds fleurisse Un parterre émaillé d'odorants madrigaux.

Dans les jardins de bal, quand tu fais ton entrée, Autour de toi se forme un cercle langoureux; Et le frémissement de ta robe moirée, Pâme en chœur laudatif ta meute d amoureux.

Élégamment chaussé d'une souple bottine Qui serait trop étroite au pied de Cehdrillon, Ton pied est si petit qu'à peine on le devine Quand la valse t'emporte en son gai tourbillon.

Dans les"'bains onctueux d'une huile de paresse. Tes mains, brunes jadis, ont retrouvé depuis La pâleur de l'ivoire ou du lis que caresse Le rayon argenté dont s'éclairent les nuits.

Autour de ton bras blanc une perle choisie Constelle un bracelet ciselé par Froment, Et sur tes reins cambrés un grand chàle d'Asie En cascade de plis ondule artistement.

La dentelle de Flandre et le point d'Angleterre La guipure gothique à la mate blancheur. Chef-d'œuvre arachnéen d'un âge séculaire, De ta riche toilette achève la splendeur.

Pour moi, je t'aimais mieux dans tes robes de toile Printanière, indienne ou modeste organdi, Atours frais et coquets, simple chapeau sans voile, Brodequins gris ou noirs, et col blanc tout uni.

Car ce luxe nouveau qui te rend si jolie Ne me rappelle pas mes amours disparus, Et tu n'es que plus morte et plus ensevelie Dans ce linceul de soie où ton cœur ne bat plus.

Lorsque je composai ce morceau funéraire, Qui n'est qu'un long regret de mon bonheur passé, J'étais vêtu de noir comme un parfait notaire, Moins les besicles d'or et le jabot plissé.

Un crêpe enveloppait le manche de ma plume, Et des filets de deuil encadraient le papier Sur lequel j'écrivais ces strophes où j'exhume Le dernier souvenir de mon amour dernier.

Arrivé cependant à la fin d'un poëme Où je jette mon cœur dans le fond d'un grand trou, — Gaité de croque-mort qui s'enterre lui-même, Voilà que je me mets à rire comme un fou.

Mais cette gaité-là n'est qu'une raillerie : Ma plume en écrivant a tremblé dans ma main, Et quand je souriais, comme une chaude pluie, Mes larmes effaçaient les mots sur le vélin.

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C. était le 24 décembre, et ce soir-là le quai lier Latin avait une physionomie particulière. Dès quatre heures du soir, les bureaux «lu Mont-de-Piété, les boutiques des tripiers et celles (1rs bouquinistes avaienl été encombrées par une foule bruyante qui s'en vint dans la soirée prendre d'assaut les boutiques des charcutiers, 'les rôtisseurs etdes épiciers Les garçons de comptoir, eussent-ils eu cent bras comnie Rriarée, n'auraient pu snlïirc à servir les chalands qui s'arracliaicnl les provision.8. On

faisait la queue chez les boulangers comme aux jours de disette. Les marchands de vins écoulaient le produit de trois vend et un statisticien habile aurait eu peine à nombror le chiffre des jambonneaux et des saucissons qui se débitèrent chez le célèbre Borel de la rue Dauphinè. Dans cette seule soirée, le père Gretaine, dit Petit-Pain, épuisa dix-huit éditions de ses gâteaux au beurre. Pendanttoute la nuit, des clameurs bruyantes s'échappaient dos maisons garnies dont les fenêtres flamboyaient, et une atmosphère de kermesse emplissait le quartier.

On célébrait l'antique solennité du réveillon.

Ce soir là, sur les dix heures, Marcel et Rodolphe rentraient chez eux assez tristement. En remontant la rue Dauphinè, ils aperçurent une grande affluenec dans la boutique d'un charcu. tier marchand de comestibles, et ils s'arrêtèrent un instant aux carreaux, tantalisés parle spectacle des odorantes productions -astronomiques; les deux bohèmes ressemblaient, dans leur contemplation, à ce personnage d'un roman espagnol, qui faisait maigrir les jambons rien qu'en les regardant.

— Ceci s'appelle une dinde truffée, disait Marcel en indiquant une magnifique volaille laissant voir, à travers son épidémie rosé et transparent, les tubercules périgourdins dont elle était farcie. J'ai vu des gens impies manger de cela sans se mettre à genoux devant, ajouta le peintre en jetant sur la dinde des regards capables de la faire rôtir.

— Et que penses-tu de ce modeste gigot de pré-salé ajouta Rodolphe, comme c'est beau de couleur, on le dirait fraîchement décroché de cette boutique de charcutier qu'on voit dans un tableau de Jordaëns. Ce gigot est le mets favori des dieux, et de madame Chandelier, ma marraine.

— Vois un peu ces poissons, reprit Marcel en montrant des truites, ce sont les plus habiles nageurs de la race aquatique. Ces petites botes, qui ont l'air de n'avoir aucune prétention, pourraient pourtant s'amasser des rentes en faisant des tours de force; figure-toi que ça remonte le courant d'un torrent à pic aussi facilement que nous accepterions une invitation à souper ou deux. J'ai failli en manger.

— Et l;Vbas, ces gros fruits dorés à cône, dont le feuillage ressemble à une panoplie de sabres sauvages, on appelle ça des ananas, c'est la pomme de reinette des tropiques.

— Ça m'est égal, répondit Marcel, en fait de fruits je préfère ce morceau de bœuf, ce jambon ou ce simple jambonneau cuirassé d'une gelée transparente comme de l'ambre.

— Tu as raison, reprit Rodolphe ; le jambon est 1 ami de l'homme, quand il en a. Cependant je ne repousserais pas ce faisan.

— Je le crois bien, c'est le plat des lêtes couronnées

Et comme en continuant leur chemin ils rencontrèrent de joyeuses processions qui rentraient pour fêter Momus, Baechus, '('/.mus et toutes les gourmandes divinités finissant en us, ils se demandèrent l'un à l'autre quel était le seigneur Gamachc dont on célébrait les noces avec une si grande profusion de victuailles. ,

Marcel fut le premier qui se rappela la date et la iete du jour.

— C'est aujourd'hui réveillon, dit-il.

— Te souviens-tu de celui que nous avons fait l'an dernier? fit Rodolphe.

— Oui, répondit Marcel, chez Momus. C'est Barbemuche qui la pavé. Je n'aurais jamais supposé qu'une femme aussi délicate que Phémie pût contenir autant de saucisson.

— Quel malheur que Momus nous ait retiré nos [entrées, dit Rodolphe.

— Hélas, dit Marcel, les calendriers se suivent et ne se ressemblent pas.

— Est-ce que tu ne ferais pas bien réveillon? demanda Rodolphe.

— Avec qui et avec quoi? répliqua le peintre.

— Avec moi, donc.

— Et de l'or?

— Attends un peu, dit Rodolphe, je vais entrer dans ce calé où je connais des gens qui jouent gros jeu. J'emprunterai quelques sesterces à un favorisé de la chance, et je rapporterai de quoi arroser une sardine ou un pied de cochon.

— Va donc, fit Marcel, j'ai une faim caniehet jet attends là. Rodolphe monta au café, où il connaissait du monde. Un

monsieur, qui venait de gagner trois cents francs en dix tours de bouillotte, se fit un véritable plaisir de prêter au poëte une pièce de quarante sous, qu'il lui offrit enveloppée dans cette mauvaise humeur que donne la lièvre du jeu. Dans un autre instant et ailleurs qu'autour d'un tapis vert, il aurait peut-être prêté quarante francs.

— Eh bien ? demanda Marcel en voyant redescendre Rodolphe.

— Voici la recette, dit le poëte en montrant l'argent.

— Une croûte et une goutte, lit Marcel.

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Avec cette somme modique^ Us trouvèrent cependantle moyen d'avoir du pain, du vin, de la charcuterie* du tabac, de la lumière et du feu.

Ils rentrèrent dans L'hôtel garni où ils habitaient chacun une chambre séparée. Le logement de Marcel, qui lui servait d'atelier, liant le plus grand, fut choisi pour la salle du festin, Cl lés amis y firent en commun les apprête de leur Balthaza'r intime.

Mais à celte petite table on ils s'étaient assis, auprès de ce feu où les bûches humides d'un mauvais hois flotté se consumaient sans flamme et sans chaleur, vint s'asseoir et s'attabler, convive mélancolique, le fantôme du passé disparu.

Ils restèrent, pendant une heure au moins, silencieux et pensifs, tous deux sans doute préoccupes de la môme idée et s'efforçant de la dissimuler. Ce fut Marcel le premier qui rompit le silence.

— Voyons, dit-il à Rodolphe, ce n'est pas là ce que nous nous étions promis.

— Que veux-tu dire? lit Rodolphe.

— Eh ! mon Dieu ! répliqua Marcel, vas-tu pas feindre avec moi maintenant! Tu songes à ce qu'il faut oublier, et moi aussi, parbleu... je ne le nie pas.

— Eh bien, alors...

— Eh bien, il faut que ce soit la dernière fois. Au diable les souvenirs qui font trouver le vin mauvais et nous rendent tristes quand tout le monde s'amuse ! s'écria Marcel en faisant allusion aux cris joyeux qui s'échappaient des chambres voisines de la leur. Allons, pensons h autre chose, et que ce soit la dernière fois.

— C'est ce que nous disons toujours, et pourtant... fit Rodolphe en retournant à sa rêverie.

— Et pourtant nous y revenons sans cesse, reprit Marcel. Cela tient à ce que, au lieu de chercher franchement l'oubli, nous faisons des choses les plus futiles des prétextes pour rappeler le souvenir; cela tient surtout à ce que nous nous obstinons à vivre dans le même milieu où ont vécu les créatures qui ont fait si longtemps notre tourment. Nous sommes les esclaves d'une habitude, moins que d'une passion. C'est cette captivité qu'il faut rompre, ou nous nous épuiserons dans un esclavage ridicule et honteux. Eh bien, le passé est passé, il faut briser les liens qui nous y rattachent encore; l'heure est venue d'aller en avant sans plus regarder en arrière; nous avons fait notre temps de jeunesse, d'insouciance et de paradoxe. Tout cela est très-beau, on en ferait un joli roman ; mais cette comédie des folies amoureuses, ce gaspillage des jours perdus avec la prodigalité des gens qui croient avoir l'éternité à dépenser, tout cela doit avoir un dénoûmenl. Sous peine de justifier le mépris qu'on ferait de nous, et de nous mépriser nous-mêmes, il ne

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«ue veux tu, je suis u.i corrompu; Je Q aima plus que ce qui est bon

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Propriété do M. Caunann Lé

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nous est pas possible de continuer à \ ivre encore longtemps en marge de la société, en marge de la vie presque. Car'enfin, estce une existence que celle que nous menons ? et cette indé ■ pendance, cette liberté de mœurs dont nous nous vantons si fort, ne sont-ce pas là des avantages bien médiocres ? La vraie liberté, c'est de pouvoir se passer d'autrui et d'exister par soimême; en sommes-nous là? Non! Le premier gredin venu, dont nous ne voudrions pas porter le nom pendant cinq minutes, se venge de nos railleries et devient notre seigneur et maître le jour où nous lui empruntons cent sous, qu'il nous prête après nous avoir fait dépenser pour cent écus de ruses ou d'humilité. Pour mon compte, j'en ai assez. La poésie n'existe pas seulement dans le désordre de l'existence, dans les bonheurs improvisés, dans des amours qui durent l'existence d'une chandelle, dans des rébellions plus ou moins excentriques contre les préjugés qui seront éternellement les souverains du monde : on renverse plus facilement une dynastie qu'un usage, fût-il même ridicule. Il ne suffit point de mettre un paletot d'été dans le mois de décembre pour avoir du talent; on peutyêtre un poëte ou un artiste véritable en se tenant les pieds chauds et en faisant ses trois repas. Quoi qu'on en dise et quoiqu'on en fasse, si l'on veut arriver à quelque chose, il faut toujours prendre la route du lieu commun. Ce discours t'étonne peut-être, ami Rodolphe, tu vas dire que je brise mes idoles, tu vas m'appeler corrompu, et cependant ce que je te dis est l'expression de ma pensée sincère. A mon insu, il s'est opéré en moi une lente et salutaire métamorphose : la raison est entrée dans mon esprit, avec effraction, si tu veux, et malgré moi peut-être; mais elle est entrée enfin, et m'a prouvé que j'étais clans une mauvaise voie et qu'il y aurait à la fois ridicule et danger à y persévérer. En etret, qu'arrivera- t-il si nous continuons l'un et l'autre ce monotone et inutile vagabondage? Nous arriverons au bord de nos trente ans, inconnus, isolés, dégoûtés de tout et de nousmêmes, pleins d'envie envers tous ceux que nous verrons arriver à un but, quel qu'il soit, obligés pour vivre de recourir aux moyens honteux du parasitisme, etn'imaginepas que ce soit là un tableau de fantaisie que j'invoque exprès pour t'épouvanter. Je ne vois pas systématiquement l'avenir en noir, mais je ne le vols pas en rose non plus; je vois juste. Jusqu'à présent, l'existence que nous avons menée nous était imposée; nous avions l'excuse de la nécessité. Aujourd'hui nous ne serions plus excusables? et si nous ne rentrons pas dans la vie commujie, ce si ra volontairement, car les obstacles contre lesquels nous avons eu à lutter n'existent plus.

— Ah çà! dit Rodolphe, où veux-tu en venir? à quel propos et à quoi bon celle mercuriale?

— Tu me comprends parfaitement, répondit Marcel avec lo même accent sérieux ; tout à l'heure, ainsi que moi, je t'ai vu envahi par tes souvenirs qui te faisaient regretter le temps

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passé : tu pensais h Mimi comme moi je pensais à Musette ; tu aurais voulu, comme moi, avoir ta maîtresse à tes côtés. Eh bien, je dis que oeus ne devons plus ni l'un ni l'autre songera ces créatures ; que nous n'avons pas été créés et mis au monde uniquement pour sacrifier noire existence a ces Manons vulgaires, el que le chevalier Desgricnx qui est si beau, si vrai et si poétique, ne se sauve du ridicule que par sa jeunesse et par les illusions qu'il avait su conserver. A vingt ans, il peut suivre sa maîtresse aux îles sans cesser d'être intéressant; niais à vingt-cinq ans, il aurait mis Manon à. la porte, et il aurait eu raison. Nous avons beau dire, nous sommes vieux, vois-tu, mon cher ; nous avons vécu trop et trop vite ; notre cœur est fôlé et ne rend plus que des sons faux; on n'est pas impunément pendant trois ans amoureux d'une; Musette ou d'une Mimi. Pour moi, c'est bien fini ; et, comme je veux forcément divorcer avec son souvenir, je vais actuellement jeter au feu quelques petits objets qu'elle a laissés chez moi dans ses diverses stations, et qui me forcent à songer à elle quand je les retrouve.

Et Marcel, qui s'était levé, alla prendre dans le tiroir d'une commode un petit carton dans lequel se trouvaient les souvenirs de Musette, un bouquet fané, une ceinture, un bout de ruban et quelques lettres.

— Allons, dit-il au poète, imite-moi, ami Rodolphe.

— Eh bien, soit! s'écria celui-ci en faisant un effort, tu as raison. Moi aussi, je veux en finir avec cette fille aux mains pâles.

Et s'étant levé brusquement, il alla chercher un petit paquet contenant les souvenirs de Mimi, à peu près de la même nature que ceux dont Marcel faisait silencieusement l'inventaire.

— Ça tombe bien, murmura le peintre. Ces bibelots vont nous servir à rallumer le feu qui s'éteint.

— En effet, ajouta Rodolphe, il fait ici une température capable de faire éclore des ours blancs.

— Allons, dit Marcel, brûlons en duo. Tiens, voilà la prose de Musette qui flambe comme un l'eu de punch; elle aimait joliment ça, le punch. Allons, ami Rodolphe, attention !

Et, pendant quelques minutes, ils jetèrent alternativement dans le foyer, qui flambait clair et bruyant, le reliquaire de leur tendresse passée.

— Pauvre Musette, disait tout bas Marcel en regardant la dernière chose qui lui restait dans les mains.

C'était un petit bouquet fané, composé de fleurs des champs.

— Pauvre Musette, elle était bien jolie pourtant, et elle m'aimait bien, n'est-ce pas, petit bouquet, son cœur te l'a dit le jour où tes fleurs étaient h sa ceinture ? Pauvre petit bouquet, tu as l'air de me demander grâce ; eh bien, oui, mais à une condition, c'est que tu ne me parleras plus d'elle, jamais 1 jamais !

Et profitant d'un moment où il croyait n'être pas aperçu par Rodolplie. il glissa le bouquet dans sa poitrine.

Trï^ïr^Tp^fort <iue moi- je triehe* pensa le

MalCQui diable peut venir à cette heure? dit le peintre en 'Un crTd-aonnement lui échappa quand il eut il ouvert sa porte.

""'cette vois. Rodolphe tomba sur sa chaise commo foodroyé -Bonsoir, lui dit Mimi en .-approchant dç lui et en In. sel

rant ni m!. in qu'il se laissa prendre m»£>fS '■„, à ceUe Qui diable vous amène ici, demanda martei,

heUrrai bien froid, reprit Mimi en frisonnant ; j'ai vu de la lumilre chez' ous en payant dans la rue, et, quoiqu ,1 soit ban

taEi SljSmblîif toujours; sa voix avait des sonorités cristalline qu noient dai le cœur de Rodo Iphe comme un glas

menlrest Wen non, dit-elle en approchant de Vàtre ses pauvres n^tletïï A propos, monsieur Marcel, vous ne savez pas pourquoi je suis venue chez vous !

~ Eh^Lr%ït°MiU Renais tout simplement vous

^i "arce™^ & dS qïnSnes, et je ne sais pas où

^""'Diable' fit Marcel en hochant la tête, nous ne sommes pas enToïne odeur chez notre hôtelier, et notre recommandât.™ serait déplorable, ma pauvre entant.

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