‹ La vie de bohème (volume 2)Chapitre 66 sur 66 · LA VIK DR HO H F. ME · texte numérisé non relu

LA VIK DR HO H F. ME

l'Ouest, où Ulric avait habité pendant un an avec Rosette, Fanhy, vêtue de la petite robe bleue à pois blancs, attendait la première visite du comte de Rouvres, qui ne tarda pas à arriver, revêtu de son ancien costume d'ouvner.

Pendant la première heure, et pour mieux taire comprendre à Fanny l'esprit du personnage dont elle devait jouer le rôle, Ulric raconta à Fanny ses amours avec Rosette.

— Ce que je vous demande avant tout, dit-il, c'est de ne jamais me parler de ma fortune, et, le plus que vous pourrez feindre de l'ignorer vous-même sera le mieux.

— Alors, monsieur, répondit Fanny en tirant de la poche de sa petite rohe bleue un papier qu'elle présenta à Ulric, reprenez cette lettre qui vous appartient; car, en la trouvant sous mes yeux, je ne pourrais pas m'empècher de me rappeler que vous n'êtes pas M. Marc Gilbert, mais bien M. le comte de Rouvres.

L'était la lettre qu'il avait reçue de son ancien notaire, M. Morin, quand celui-ci, prêt à vendre son étude, lui demandait s'il voulait rentrer dans la possession de sa fortune, dont les chiffres se trouvaient établis dans cette lettre.

— Vous avez trouvé cette lettre dans la poche de cette robe? demanda Ulric en pâlissant.

— Oui, répondit-elle, et voyant qu'elle vous était adressée, j'ai cru devoir vous la remettre.

— Mais, continua Ulric, cette robe appartenait à Rosette, et pour que ma lettre s'y trouvât, il fallait bien qu'elle en eût pris connaissance.

Fanny répondit par un sourire.

— Alors, continua Ulric, Rosette savait qui j'étais, — elle savait que j'étais riche, — et son amour... Ah ! malheureux!

Et il tomba anéanti sur le carreau.

Environ un mois après, comme Fanny, revenue dans son appartement, s'apprêtait à aller au bal masqué, elle vit entrer chez elle Tristan, qui portait à la main un petit paquet.

— Que m'apportez-vous là, — un cadeau?

— C'est un legs que vous a fait avant de mourir mon ami le comte de Rouvres.

— Voyons, dit Fanny.

Ma's elle devint furieuse en apercevant la petite robe bleue :

— Votre ami est un être ridicule, mort ou vivant ; il m'a fait banqueroute de cent mille francs.

— Ne vous pressez pas de le calomnier, dit Tristan ; et il tira de la poche de la robe un portefeuille qui contenait cent billets de banque.

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