MARCEL, RODOLPHE
(Rodolphe se 1ère et gagne la droits. Pendant quelques instants
ils demeurent silencieux, puis un bruit de pat se faisant entendre dans C escalier. Murai se lève précipitamment cl va coller
son oreille à la porte. Le bruit s'èln ig riz.
Marcel, à parL 000
Je m’étais trompé.
nonoiriiE.
Celle quo tu attends ne vient pas.
MARCEL
Que veux-tu dire?
RODOLfftE.
Tu attends Musette.
MARCfL.
Je Pai attendue, mais je ne l’attends plus, fl y a cinq jours, c’est vrai, je lui ai écrit ; je lui disais que nous avions des sommes, une apoplexie foudroyante de fortune... mon gain du jeu, tu sais... et je l’invitais à venir se chauffr pendaul qu’il y avait du feu ; elle m'a répondu sur-lc champ qu’elle viendrait.. Alors, c’est vrai, je l’ai attoudue pendant cinq minutes. {Il passt près de la cheminée.)
RODOLPHE
Tu Pas attendue pendant cinq jours, et tu l’attends encore.
MARCEL
Non.
RODOLPHE
Et si tu la voyais entrer, ton cœur lui sauterait au cou.
Marcel, montrant son cteur.
Non, la petite bêle est morte. (S'asseyant devant ht cheminée.) Et dire que pendant cinq jours celte cheminé» a flambé comme l’enfer... Si Musette avait etél*, elle qui était si faueuM.
RODÔLMB.
La petite bête est morte, disais-tu?
Marcel, st levant.
Eh bien 1 non, »Uo oe l't »l pas ; c'est stupide, mais c'est comme ça- — Ah! loi, au moins, tu pouvais aimer u Mimi à plein cœur... elle no t’a jamais trompé, et si lu M'étais pas riche, som amour te faisait crédit.
RODOLPHE
Musette aussi t'aimai*, bien... Mais pourquoi n’as-lu pas e» sajré de la retenir autrefois? KUe ne t'aurad peut-être pas quitté.
Marcel.
Je no pouvait pas me battre eu duel avec tous les <* at
qui lui faisaient la cour. (Il se rassied prit de la cheminée.)
RODOLPHE
C’est juste, tandis que moi j’ai perdu Mimi par ma faut». — Je l’ai soupçonnée, quand elle était fidèle; et elle est partie depuis dix jours. — Pendant les cinq prr tuiors, je l’ai cherchée partout, jo ne l’ai pas trouvée ri je u’ai rien appris.
MARCEL
Elle aura passé en Angleterre.” {Se levant si allant ranger hi table contre le mur de gauche.) Ah î lien», tôt ou «U au» i l'aurait plante là pour un clerc de notoire fmé qui l'aurait séduite avec des madrigaux frappés à la monnaie.
RODOLPMK, qui réc ait.
C’ait égal..- noos leur devons de beaux souvenirs.
Oui. mais fous ces souvenir*-!*, os n’est hon qu’à faire dos rogrelf. Bat’» 1 parlons d'autro chose, et (fichons de etims r< ; rh»uffrr... car il fait un froid !... Qu’i-t-co qu’on pourrait donc bien brûler pour eo dégourdir les doigts un UHiimntf AUI b propos de souvenirs, j’ai là quelques an loge» pbu de Moselle, {fl va à une espèce de buffet qui es I dans le coin, à gauche, et pr, <d des lettres dans un tireur.) * Puisque je suis en train d’oublLr. j’at lü'eu i*nvi*>... mais avant («'asseyait/ près la cAembiw), rendus uun dernière fois ces lettres brûla u les. (Lisant.) « Jo vais dîner • chez nia tante; comme ü pi*, livra pciil-ôiro ce »oir, /o dc xcû- » lierai que demain matin. » Trcs-lncu, je U connais sa tagla.
c’était mon cousin. Fn voici une autre. «J’ai pris l’arpent qui a était dans la tabatière pour aller acheter dos botlins verlos. s Ces UutiimS'là ont dansé lm n « os rvutredansra oîi le ne faisais pas vis-à-vis. U) un Ion tailleur .) O inos lettres d'amour, fl ) vertu, do joui. esse! i la postcl... (il les jette au feu. } Tant pis, quauü j'ai froid, je me brûlerais uuu jambe pour me chaude. Poutre.
Rodolphe, /asseyant près de la table.
O petite Mimi ! joie de ma maison, c'est donc bien mi que vous ôtes partie et que je ne vous verrai plos? O petites mains blanchi s aux veines bleues, vous b qui j’avais fiance mes lèvres ! avez-vous donc reçu mon dernier baiser? [En w moment on entend dan» F escalier une voue qui chante : )
Révcillrs-vos*, ma nie JrsnticUe,
Et taeUei vos |>lus be«ui habits.
ftoootPBR, courant à la porte où il trouve Marcel arrivé avant Un .
C’est la chanson de Muni.
Oui ; mais c’est la voix de MusctlF. (Muselle entre yaiemcnf, et s'arrête en voyant l’aspect délabré de la chambre et la tristesse Sur les visages.)