LA BONNE QUI N AVAIT QU UN COUSIN
« Était une Bourguignonne qui se jouait du feu; elle jetait de çà, de là, les tisons enflammés et les allumettes mal éteintes ; je sus bientôt la cause de sa confiance :
« Son cousin était un pompier.
« Je l'avais d'abord, pour cause de ma vue basse, pris pour un cuirassier de la garde en raison de son casque; mais M. Galuchard, qui trouverait une épingle dans une paillasse, m'apprit que le parent de notre cuisinière avait pour métier de braver les flammes.
« Il venait tous les jours pendant les premiers mois.
« Puis, il vint deux fois par jour.
« Je m'étonnais qu'il fit ainsi la cour à sa cousine sans manquera son service... bien que ce fût pour le bon motif.
« Mais nia Bourguignonne me mentait :
« Elle déguisait la vérité comme un titi se déguise un mardi gras.
« Le pompier n'était jamais le même !!!...
« De ce jour, je résolus de prendre une servante qui fût la naïveté, la sincérité en personne.
« Et qui eût instinctivement la sainte horreur du men-
songe, et j'engageai une franche Picarde, que j'appellerai :