LA BONNE QUI N'ÉTAIT PAS NÉE POUR CELA
« Elle avait des attitudes de saule pleureur; elle éteignait les lampes avec des soupirs, et rouillait les casseroles de cuivre avec ses larmes.
VïE DE PAUL- DE KÛCK. 165
« Galuchard me dit :
« — On nous a envoyé la reine Arthémise du bureau de placement, elle aura été cuisinière des Pompes funèbres...
« Quand elle arrivait le matin dans nia chambre, elle disait :
« — Qu'est-ce que madame veut pour dîner?
« Comme l'abbé de Rancé< au couvent de la Trappe, devait dire :
« — Frère ! il faut mourir !
« Lasse de ses hoquets mélancoliques, je lui demandai un soir si ce n'était pas à éplucher des oignons que ses yeux s'emplissaient de larmes...
« — Non, madame, me dit-elle, c'est que je fais un métier pour lequel je ne suis pas née, j'ai été élevée autrement que cela... Je ne devais pas servir les autres... mais mon père a été ruiné par les chemins de fer...
« Qu'était-il, votre père, demandai-je à l'éplorée; il était banquier, entrepreneur de messageries ?
« — Non, fit-elle : il était postillon ! !!...
« Je mis doucement dehors cette victime du progrès, et je pris une femme d'âge, sans m'occuper si, oui ou non, cela contrariait Galuchard, elle était :