‹ La vie de Jean-Arthur RimbaudChapitre 10 sur 25 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

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Après sa rupture avec Verlaine, produito dans les circonstances tragiques qu'on sait, Rimbaud blessé, les souffrances et le dcnûmcnt l'y forçant, se fit admettre à l'hôpital Saint-Jean de Bruxelles.

C'est là que la justice brabançonne vint recueillir sa déposition pour le procès criminel aussitôt intenté au pauvre Lélian que la police, dans la rue, avait arraché, savez-vous, aux projets des matrones. Cette déposition fut N en faveur de l'arrêté, naturellement et à ce point que, sans attendre la guérison du blessé, le gouvernement du bon Léopold le fit expulser de l'hospice >et de son territoire royal.

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Voyelles, les Chercheuses de Poux, les Corbeaux, Patience, Jeune Minage, Mémoire , Fêtes de la Faim, pièces figurant aux « Poésies complètes », sont de l'époque du compagnonnage avec Verlaine. On y remarque les préoccupations d'affranchissement prosodique dont notre génération de 1890 se tourmente, semblet-il, avec triomphe. Toute la prose, publiée, d'Arthur Rimbaud se doit aussi dater d'alors, et dans cet ordre : i* Les Illuminations ; 2* Une Saison en Enfer.

De la frontière belge, où il venait d'être administrativement et par la force conduit, notre expulsé rejoignit à pied sa famille qui, pour la moisson, se trouvait dans une ferme lui appartenant à Roche, près d'Àttigny.

De ce lieu calme et d'ennui sain, après en avoir revu les feuillets rédigés au bonheur des répits de l'aventure, il fit imprimer à Bruxelles Une Saison en Enfer ^ dernière « illumination j> transcrite sous des brûlures volontaires d'alcool et dans les souffrances de la blessure au poignet aggravée de tétanos ; seul ouvrage littéraire dont il ait lui-même revu les épreuves et qu'il doit détruire, sitôt l'édition sortie, au

total presque des exemplaires : cela pour des

raisons dont la moindre est la défectueuse mise * l-

en pages de la brochure.

On connaît, par la réimpression sur un exem- ',

plaire clandestinement dédicacé à Verlaine, oet ' f ;

énorme petit livre de prose, au style strict et . *

incisif comme une lame rougie à blanc, peuplé > i

de rires mortels et de visions prophétiques, où pas une phrase n'est sans élixir ou sans acide : . maléfice d'ouragan, sortilège torrentiel, sorte d'engin alchimique placé au foyer au monde moral et passionnel, revendication' forcenée i,

d'une divinité déchue de sa puissance. Nous en donnons ici une page inédite, trouvée parmi des brouillons de l'œuvre, et qui semble en avoir dû être le début.

On remarquera la dantesque beauté de cette trouvaille et qu'elle est ensemble comparable, en profondeur lumineuse, à un Rembrandt, avec, en outre, l'inattendue déformation de mythe admirée chez Jules Laforgue, un génial aussi vraiment, mais postérieur à Rimbaud :

Cette saison, la piscine bes cinq «aleries était un point d'ennui. Il semblait que ce put un sinistre latoir, toujours

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