AVANT-PROPOS
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faisant, je demeurerai vrai, savez-vous ? Et je reviendrai à Bruxelles moquer la Loi, en ce palais même de Justice où vous me condamnâtes : et vous trouverez cela beau, et ce sera mon triomphe, le triomphe de l'homme absolu que je suis sur les mannequins que vous êtes ! »
Dix années ont séparé la publication des Romances sans Paroles de celle de Sagesse.
Pour ce laps de temps, la vie désorientée de Verlaine, après la prison, s'écoula, une part, dans l'ombre, près de sa mère. Sa femme avait obtenu contre lui un jugement en séparation de ; corps et de biens, sévissant jusqu'à le priver de la vue de l'enfant né de ses œuvres.
En rébellion sourde contre l'ambiance reprochense et miné de rancœurs, tous ses regrets se concentraient sur Arthur Rimbaud, dont le souvenir impérieusement le hantait, — quand, un beau jour, le hasard lui apprend son ami vivant, en Allemagne, et précepteur des enfants d'un médecin ! Il y courut aussitôt, nécessairement; après s'être muni de tout l'argent possible et ayant à Paris laissé tous impédiments* familiaux et d'intérêt civil.
- Pour surprendre agréablement son ancien camarade de prétentaine imaginé de manières
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invariées, Verlaine avait assumé le plus désastreux des costumes, une vestiture qui lui don* naît l'aspect d'un brigand.
Mais Rimbaud, dans ses fonctions préceptorales régulier et bourgeoisement mis, l'accueillit mal, inimitieusement môme; furieux qu'il ait ainsi osé, nonobstant le drame de ] Belgique, venir le relancer de façon compro-
|! mettante en Allemagne. Aux instances bizarres
;]! „ de Verlaine, il finit par céder pour avoir la paix
:.j \ là, chez le docteur, mais tout en ruminant
]'• une vengeance qui, quelques heures plus tard,
; ! ' devait se consommer en la Forêt Noire.
1 Le Bateau Ivre s'était plus convenablement
assagi que Sagesse. Celle-ci voulait revivre les héroïques pérégrinations, celui-là entendait demeurer rangé. Conflit. Rixe. Et Verlaine fut
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! . abandonné, mi-assommé, dans la forêt susdite*
En vain Pauvre Lélian, pardonneur infini, dès repris ses sens, implora-t-il son ami Rimbaud qui, se croyant pour les Lettres déshonoré à cause du scandale de Bruxelles, resta inflexible, résolu, du reste, qu'il était hélas I à !}[••-. - tenter fortune dans l'Industrie.
m :t D'assez étranges aventures, par la suite —
\\ W Paris réintégré ainsi que le giron d'une in-
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comparable affection maternelle — mirent la révolte de Verlaine en goût de paysannerie.
Mourant du deuil de son ardent vagabondage d'antan, en haine toujours des t bonnes manières », il rôva d'être un petzouille. Une masure des Àrdennes acquise des parents de Lucien Létinois, un de c ses morts », abrita un temps sa sauvagerie exquise. Mais une nouvelle aventure de Justice l'en chassa. Il revint à Paris où, dégoûté,, faute de ne pouvoir vivre et agir de la poésie, il en écrivit.
Et ce furent les Poètes maudits, les Mémoires d'un Veuf, Amour, etc.
Les dix dernières années de la vie du grand Verlaine sont trop connues pour qu'on en reparle ici. Faisons remarquer néanmoins qu'en dépit de la pauvreté et de la maladie, il sut garder son admirable attitude de rébellion. Ce
3u'il ne pouvait désormais contre les gens, le marquait au moins de décor, avec finesse et non Bans l'hypocrisie magistrale — qu'il fallait bien qu'il eût I