AU BAIN
La propreté s'impose. On a dit que c'était une vertu, sans doute pour la rendre plus facile aux récalcitrants. En fait, c'est un devoir, et un devoir rigoureux que prescrit l'hygiène, corroborée par la morale.
Il n'est pas nécessaire de recommander la propreté aux jeunes filles. C'est pour la plupart un besoin. Bornons-nous à rappeler les règles hygiéniques qui doivent les guider.
La propreté du corps s'obtient d'ordinaire par des lotions générales à l'éponge ou à la serviette, par l'usage du tub anglais, par les douches et les jets des appareils hydrothérapiques et surtout par les bains. Ce dernier mode est simple, facile, et a tant d'avantages que toutes les jeunes personnes devraient
le pratiquer et le regarder comme une nécessité hebdomadaire ou bi-mensuelle.
Le bain ne tient pas seulement le corps propre, il entretient et excite les fonctions si importantes de la peau. Il agit manifestement sur la circulation et le système nerveux; et son résultat ultime, étant une excitation générale de l'économie, montre bien qu'il n'est pas sans une influence notable sur la nutrition.
On distingue deux grandes classes de bains : les bains froids et les bains chauds. Ils ont, les uns et les autres, leurs vertus et leurs indications.
Les baiîis froids se prennent en plein air, pendant l'été, dans des eaux naturelles (étangs, rivières, fleuves, mer) et à une température toujours inférieure à celle du corps. On les dit frais de 20 à 25 degrés; froids de 12 à 20 degrés. Ils sont soumis à des règles précises qu'il faut observer, qu'il est dangereux d'enfreindre.
On doit les prendre à jeun, le soir ou le matin, en dehors de la grande chaleur du jour. Il est utile de les faire précéder d'un exercice musculaire modéré, d'une petite promenade. Combien de baigneuses négligent cette recommandation et perdent ainsi le bénéfice du bain, quand par surcroît elles ne compromettent pas leur santé 1
Il est très, imprudent en effet de rester longtemps au bord de l'eau avant de s'y jeter, parce que le corps perd sa chaleur par l'immobilité et qu'il ne peut plus réagir contre l'excitation de l'eau. Or, c'est la réaction de l'organisme succédant à une première période de concentration et de sédation qui fait toute la vertu du bain. Aussi, le mouvement préalable s'impose. Plusieurs auteurs conseillent même de gagner l'eau le corps couvert de sueur.
La durée du bain doit être courte; et sans vouloir l'estimer pour tous à la même mesure, on peut dire qu'elle ne doit pas, en général, dépasser un quart d'heure. Elle est toujours proportionnée à celle de la réaction dont nous parlons plus haut. Dès que la baigneuse cesse d'éprouver une impres.sion de plénitude et de bien-être, dès qu'elle sent, au contraire, de petits frissons, une vague et persistante horripilation, elle doit sortir de l'eau. C'est le signal de la nature.
On ne doit pas rester immobile dans l'eau. Il est toujours salutaire de s'y livrer à des mouvements, et particulièrement aux mouvements réguliers de la natation.
A peine sortie de l'eau, la baigneuse ne doit pas garder le repos ni une immobilité dangereuse. Une
bonne promenade est de rigueur pour maintenir la réaction et lui faire produire ses effets. Après quoi, la table vous réclame pour satisfaire un prodigieux appétit.
Les bains de mer ont, grâce à la mode, une réputation qui dispense d'en faire l'éloge. Leur action tonique et excitante est des plus nettes, elle est corroborée par l'air vif, frais et stimulant des côtes. Ils doivent être très courts. La réaction y est des plus rapides, survenant quatre ou cinq minutes après l'immersion : elle s'explique à la fois par le froid de l'eau, le choc des lames et l'irritation du sel marin.
Les bains chauds, dont la température varie de 25 à 40 degrés, ne sont pas excitants comme les autres, mais ils ont une action opposée, très appréciable : ils se distinguent par leurs propriétés calmantes. Ils reposent le corps fatigué, donnent de la souplesse aux membres et facilitent les fonctions de la peau. Toutefois, il ne faut les prendre ni trop chauds ni trop prolongés.
L'indication des différentes variétés de bains dépend de la force et du tempérament des personnes. Les bains tièdes sont utiles à toutes : ils conviennent particulièrement aux nerveuses. Les bains froids, et