‹ La Vie de jeune filleChapitre 20 sur 47 · CHEVEUX ET DENTS · texte numérisé non relu

CHEVEUX ET DENTS

chevelure, lui donner du brillant et de la souplesse, de la grâce et de la vigueur, etc. La plupart sont nuisibles, les meilleurs ne valent rien. Les abondantes sécrétions du cuir chevelu font à sa surface une crasse épaisse que les soins de toilette ont pour but d'enlever et qui se renouvelle incessamment. Les cosmétiques (huiles ou pommades) ont l'inconvénient grave d'ajouter à la crasse naturelle un résidu gras et compact qui excite encore les sécrétions, gêne l'expansion du poil, entrave sa nutrition et amène sa chute : ils irritent parfois assez la peau pour provoquer des éruptions, des démangeaisons, et aboutir encore à la calvitie.

L'addition de substances actives, comme le quinquina, le benjoin, la cannehe, etc., loin d'améliorer les cosmétiques, les rend plus irritants, plus dangereux. Nous ne connaissons qu'une bonne formule, indiquée par Cazenave, pour les cheveux gras et humides :

Sous-borate de soude 3 grammes.

Eau distillée 250 —

Essence de vanille 15 gouttes.

Il ne suffit pas d'avoir de beaux cheveux, on tient à avoir de belles dents. Les jeunes filles doivent prendre un soin tout particulier de leur bouche, laver et brosser souvent les petites perles blanches

qu'aiment à encadrer leurs jolies lèvres dans un gracieux sourire. Le nettoyage des dents ne réclame pas, comme beaucoup le croient, des ingrédients rares, compliqués et coûteux. De l'eau tiède à laquelle on ajoute quelques gouttes de teinture de benjoin {lait virginal) est le meilleur des dentifrices. On le combine de temps, en temps avec une poudre de fabrication facile, soit un mélange à parties égales de charbon porphyrisé et de quinquina, soit plutôt de la suie de bois soigneusement tamisée. Les frictions se font avec une brosse un peu raide ou mieux avec la pulpe du doigt. Les dentifrices du commerce ne sont pas à recommander : les uns sont acides et de nature à attaquer l'émail : les autres, alcalins, ne sont pas non plus inoffensifs quand ils sont en poudre.

Les dents blanches, saines, droites, bien rangées, sont l'ornement de la bouche. Mais hélas ! elles sont fragiles et périssables. Qui n'a payé son tribut au mal de dents, à la carie ? La cautérisation et le plombage sont préférables à l'avulsion de la dent malade ; mais si elle tombe, il faut la remplacer. N'hésitons pas à user des pièces artificielles, des râteliers, mais ne le dites à personne : les jolies filles ont toutes leurs dents.

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