AVEC CES MESSIEURS
craignent pas de s'amuser avec eux. L'amour du plaisir les entraîne au plaisir de l'amour. La présence de jeunes gens auprès d'elles, loin de les retenir, les excite, les enflamme. Elles attirent leurs regards, parlent haut, jouent de la prunelle, cherchent à lier conversation. Elles ne s'effrayent jamais de la partie engagée, acceptent les compliments, sont sensibles aux cadeaux, encouragent les familiarités (1). Elles se croient toujours sûres d'ellesmêmes et veulent par pur badinage exercer leur pouvoir de fascination, en jouir — et au besoin en profiter. Elles se persuadent qu'elles ne font aucun mal et que les amourettes ne tirent pas à conséquence. C'est une grave erreur. Le jeu de la coquetterie ou de ce qu'on appelle aujourd'hui d'un nom anglais le flirt est imprudent, dangereux et mauvais. Il est absolument interdit de s'y livrer, et l'anecdote suivante montrera que les jeunes filles légères y trouvent leur punition ou n'en tirent jamais un profit honnête.
Nous demandions un jour à un jeune homme, de cœur faible, mais d'esprit sérieux, pourquoi il répondait aux avances d'une coquette, et il nous dit
(1) Ces familiarités doivent être surtout évitées dans les relations du foyer avec les cousins et même avec les oncles.
franchement en baissant la tête : <( Je m'amuse. — Vous voulez donc l'épouser ? — Oh ! que non ! nous déclara-t-il nettement avec une louable énergie, ces filles sont amusantes, bonnes pour le plaisir, mais on ne les épouse jamais ! » C'est une formule courante.
Voilà l'enseignement de l'expérience, conforme à celui de la raison et de la foi. On ne badine pas avec Vamjour, on ne le cherche que pour le bon motif et on ne le réalis,e que dans le mariage.
Jeunes filles, la pudeur est votre défense. Gardezla avec un soin jaloux. Vous inspirerez un amour d'autant plus fort au cœur de l'homme que vous vous montrerez en sa présence plus dignes, plus réservées, plus chastes. Il sera sûr de votre cœur, certain qu'en vous confiant un jour son honneur, il ne sera pas trompé. Soyez sages, prudentes, modestes, et vous serez honorées et respectées. La chasteté garde votre cœur, préserve les autres; et le respect conduit au véritable amour, à celui qui se donne, qui dure et qui conclut.