L'AGE DU MARIAGE
Toute jeune fille éprouve un vif désir du mariage, et ce sentiment est très naturel, nullement à blâmer. Certaines l'avouent franchement; d'autres le dissimulent avec un art et une persévérance consommés. A quoi bon ces ruses dont nul n'est dupe ? Il est plus simple et plus digne de s'en tenir à la vérité, et au besoin de la confesser.
Le mariage est un noble but qu'on peut et qu'on doit poursuivre ; mais comme on s'y engage pour la vie, dans l'intention de créer une famille, il importe beaucoup de ne faire ce pas décisif qu'après une longue et mûre délibération. Il ne faut pas qu'on se marie pour un vain caprice, pour une passion folle, à la suite d'un coup de tête ou par bravade. La raison, les convenances doivent être consultées, et
les parents expérimentés qui ont en vue l'intérêt bien compris de leurs enfants, ont nécessairement voix au chapitre.
La Faculté a aussi son mot à dire. Elle veut qu'on ne se marie pas troy tôt avant le développement complet de l'organisme; et elle proteste contre les anciens usages qui ne tenaient pas compte de cette nécessité de nature. On mariait autrefois les jeunes gens avant Vâge. Marie-Adélaïde de Savoie, dont on a parlé plus haut, devint duchesse de Bourgogne à quatorze ans ; M"* de Nantes fut mariée à douze ans ; M"* de Caylus, à treize ans. Dans les temps plus récents, on cite le mariage de M™* Récamier à treize ans.
Il est vrai que quelques-unes de ces unions se faisaient pour la forme et consistaient réellement en de simples fiançailles : on fixait alors à un terme plus ou moins éloigné l'époque du vrai mariage. Même dans ces conditions, la pratique est mauvaise : les fiançailles ne doivent pas être conclues prématurément ni précéder de trop longtemps le mariage.
Il y a un âge nuptial; et cet âge est indiqué par l'hygiène. La nubilité commence dans nos climats à vingt ans, et elle se trouve plus ou moins retar-